Afrique du Sud: feu vert au lancement de centrales électriques flottantes controversées

21 septembre 2021 à 18h51 par AFP

AFRICA RADIO

Le régulateur sud-africain de l'énergie a approuvé mardi des licences de production pour trois centrales électriques flottantes controversées, dans un contexte de pénuries récurrentes d'électricité en Afrique du Sud, le pays le plus industrialisé du continent africain.

La société turque Karpowership, l'un des premiers exploitants de centrales électriques flottantes au monde, a remporté en mars un appel d'offres du gouvernement pour développer la fourniture en électricité de l'Afrique du Sud avec des projets de conversion du gaz en électricité dans trois ports. Mais le ministère de l'Environnement a ensuite bloqué la demande de permis de Karpowership en raison de craintes quant à l'impact environnemental. La société a fait appel de la décision du ministère et a obtenu mardi l'approbation du régulateur sud-africain de l'énergie (Nersa). Les raisons de cette approbation n'ont pas été précisées dans l'immédiat. Les groupes de défense de l'environnement ont fait part de leurs préoccupations concernant les centrales de Karpowership, qui ont besoin de combustible pour convertir le gaz naturel liquéfié en électricité. Les opposants à ce type de centrale estiment que le projet générera plusieurs millions de tonnes de dioxyde de carbone dans un pays qui était déjà le 12e plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde en 2019, selon Global Carbon Atlas. Greenpeace Afrique s'est dit "déçu par la décision inexplicable d'accorder une autorisation pour ce projet destructeur et coûteux". "Il enfermera l'Afrique du Sud dans une trajectoire de fortes émissions qui fera dérailler nos engagements envers l'Accord (climatique) de Paris", a déclaré Nhlanhla Sibisi, chargé de campagne climat et énergie de Greenpeace, dans un communiqué. Karpowership SA doit encore obtenir plusieurs autres autorisations avant de pouvoir démarrer la construction de ses centrales. L'Afrique du Sud cherche des alternatives pour l'entreprise d'électricité publique en difficulté, Eskom, alimentée au charbon et paralysée par des années de mauvaise gestion, qui tombe constamment en panne et peine à répondre à la demande domestique d'électricité. Les coupures d'électricité en Afrique sont récurrentes depuis plus de dix ans, plombant l'activité économique et les investissements.