Afrique du Sud: le couronnement du prochain roi zoulou aura bien lieu

AFRICA RADIO

2 mars 2022 à 12h51 par AFP

Un juge sud-africain a ouvert la voie au couronnement du prince Misuzulu comme prochain roi zoulou, mais a suspendu l'exécution du testament contesté de son père.

Le roi Goodwill Zwelithini est décédé en mars 2021 à 72 ans, après 50 ans de règne, laissant derrière lui six épouses et au moins 28 enfants. Nommée régente dans son testament, sa troisième épouse et favorite, Shiyiwe Mantfombi Dlamini, a désigné son fils, Misuzulu Zulu, 47 ans, pour succéder au trône. La régente est brusquement morte un mois après son mari et roi. Le couronnement du fils n'a pas encore eu lieu. La première femme du roi, la reine Sibongile Dlamini, contestait devant la justice la désignation du nouveau souverain, clamant être la seule épouse légitime puisqu'elle est la seule à avoir été mariée civilement au souverain. Les autres femmes, des maîtresses selon elle, n'ont été unies au roi que par un mariage traditionnel. Deux de ses filles, les princesses Ntombizosuthu et Ntandoyenkosi, étaient associées à sa plainte pour empêcher le couronnement de Misuzulu jusqu'à ce que le testament soit vérifié. Elles contestent sa validité, affirmant qu'une signature, selon un graphologue, est fausse. Le juge Isaac Madondo a déclaré que la requête de la reine Sibongile était prématurée et a rejeté la demande des princesses visant à empêcher le couronnement. "Personne d'autre ne revendique le trône", a déclaré le juge. "Il est le successeur incontesté du trône." Devant le tribunal de Pietermaritzburg (sud-est), capitale du pays zoulou, la reine fâchée avait aussi réclamé en janvier la moitié du patrimoine royal. Roi sans pouvoir exerçant une influence morale sur plus de onze millions de Zoulous - l'ethnie la plus nombreuse en Afrique du Sud dont elle représente plus d'un cinquième de la population -, Goodwill Zwelithini possédait des milliers d'hectares de terres, des propriétés et plusieurs palais. Le juge a suspendu l'exécution du testament qui devait partager l'importante fortune du roi, pour permettre à la justice d'examiner prochainement et de trancher ce volet.