Algérie: peine réduite à six mois avec sursis pour le journaliste Drareni

AFRICA RADIO

3 mars 2022 à 16h36 par AFP

Le journaliste algérien Khaled Drareni a vu jeudi sa peine réduite à six mois de prison avec sursis à l'issue d'un nouveau procès, après avoir été condamné en 2020 à deux ans ferme pour "incitation à attroupement non armé".

Selon le Comité national pour la libération des détenus, M. Drareni a en outre été condamné à une amende de 50.000 dinars (environ 320 euros). Le 17 février, le parquet avait requis une peine supérieure à la première condamnation de ce journaliste indépendant, fondateur du site d'information Casbah Tribune et correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5 Monde ainsi que pour l'ONG Reporters sans frontières (RSF). A la veille du verdict rendu jeudi le journaliste avait tweeté: "Merci pour votre soutien permanent. Quel que soit le jugement, je continuerai à faire mon travail en toute indépendance". RSF qui appelait, avant la sentence, à un "abandon de toutes les charges" contre le journaliste, a dénoncé jeudi "un verdict en demi-teinte qui confirme le caractère politique d'une procédure judiciaire longue de deux ans dont 11 mois derrière les barreaux". "Notre correspondant a été condamné à 6 mois avec sursis et 50.000 dinars d'amende assortis de 5 ans de probation pour avoir fait son travail de journaliste en couvrant les manifestations du Hirak", le mouvement de protestation prodémocratie, a ajouté RSF sur Twitter. M. Drareni, 41 ans, avait été condamné en septembre 2020 à deux ans de prison ferme pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale". Ce journaliste, qui couvrait toutes les marches du Hirak, avait été interpellé pendant une manifestation, à la mi-mars 2020 à Alger. Les autorités lui avaient aussi reproché d'avoir travaillé pour un média étranger sans accréditation, sésame nécessaire en Algérie pour les correspondants de médias internationaux, mais aussi d'être un informateur à la solde "de parties étrangères". Khaled Drareni avait rejeté l'ensemble de ces accusations, assurant n'avoir fait que son "travail en tant que journaliste indépendant", et exercé "son droit d'informer". Gracié par le président Abdelmadjid Tebboune, il avait été libéré le 19 février 2021 après avoir passé onze mois derrière les barreaux. La Cour suprême avait accepté le 25 mars 2021 son pourvoi en cassation. Dans l'intervalle, le journaliste a poursuivi ses activités sur son site d'information en ligne Casbah Tribune et comme animateur de la radio privée M. Plusieurs journalistes algériens sont en prison, après des condamnations ou dans l'attente de leur jugement, selon la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH).