Approvisionnement en gaz: l'Espagne se dit "rassurée" par Alger

30 septembre 2021 à 17h36 par AFP

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Le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares a affirmé jeudi avoir reçu des assurances d'Alger sur la poursuite de l'approvisionnement de son pays en gaz algérien, à un mois de l'expiration d'un contrat d'utilisation d'un gazoduc desservant l'Espagne via le Maroc.

"J'ai été rassuré aujourd'hui quant à la continuité de l'approvisionnement", a déclaré M. Albares lors d'une visite à Alger où il s'est entretenu avec son homologue Ramtane Lamamra et avec le président algérien Abdelamadjid Tebboune. "L'Algérie est un partenaire énergétique de premier ordre pour l'Espagne. Elle a toujours été aussi un partenaire fiable qui a honoré ses engagements", a-t-il ajouté. "Nous devons aussi continuer à travailler pour que les liens économiques atteignent le niveau souhaité, à la hauteur de la relation et d'une façon mutuellement bénéfique", a poursuivi le ministre espagnol. Depuis 1996, l'Algérie expédie vers l'Espagne et le Portugal environ 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an via le GME (Gazoduc Maghreb Europe), un gazoduc traversant le Maroc, mais ce contrat est menacé par l'escalade des tensions entre les deux voisins du Maghreb. Alger affiche en effet depuis fin août son intention de fermer le robinet à l'expiration de ce contrat le 31 octobre, ce qui, selon les experts, pourrait compromettre la fourniture de gaz à l'Espagne à l'approche de l'hiver, dans un contexte de forte hausse des prix dans toute l'Europe. Alger, qui entretient des liens économiques étroits avec Madrid, est le premier fournisseur de gaz naturel de l'Espagne. M. Albares n'a pas précisé si le gaz algérien continuerait d'être acheminé vers son pays via le GME ou par d'autres moyens. Un autre pipeline, le gazoduc sous-marin Medgaz, achemine aussi en effet depuis 2011 du gaz algérien jusqu'à l'Espagne mais il opère déjà au maximum de sa capacité de 8 milliards de m3 par an, soit la moitié des exportations algériennes annuelles vers ce pays et le Portugal. Une autre solution serait d'expédier davantage de gaz naturel liquéfié par voie maritime mais cette option serait peu viable économiquement, selon des experts.