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Arabie: un médecin détenu après avoir gagné un procès contre le gouvernement

Un psychiatre égyptien est détenu en Arabie saoudite pour "terrorisme" à l'issue d'un "procès inéquitable" intervenu juste après qu'il a gagné une procédure judiciaire pour un différend salarial contre le ministère de la Santé, a dénoncé jeudi l'ONG Human Rights Watch (HRW).

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3 août 2023 à 14h21 par AFP

Régulièrement accusée de graves violations des droits humains, la riche monarchie pétrolière du Golfe abrite nombreux expatriés dans divers secteurs, les ONG critiquant leurs conditions de travail, en particulier celles des ouvriers et travailleurs domestiques. "Un médecin égyptien purge une peine de dix ans de prison en Arabie Saoudite pour avoir entretenu des liens avec les Frères musulmans, interdits, à l'issue de ce qui apparaît comme un procès inéquitable", a déclaré HRW dans un communiqué. Arrêté à son domicile en janvier 2020, Sabri Shalabi, 66 ans, a été condamné à la fin de l'année 2022 sur fonds d'"allégations d'aveux sous la contrainte" et "en représailles à un différend lié au travail", a ajouté l'ONG de défense des droits humains. M. Shalabi, employé d'une institution publique de 2006 jusqu'à son licenciement en 2019, avait remporté une action en justice exigeant du ministère saoudien de la Santé le paiement "d'années d'indemnisations impayées", selon Human Rights Watch. Il "pourrait avoir été pris pour cible en représailles pour avoir réclamé de l'argent que le gouvernement lui devait", a déclaré Joey Shea, chercheur sur l'Arabie saoudite pour l'ONG, cité dans le communiqué. Le mouvement égyptien islamiste des Frères musulmans est considéré comme terroriste en Arabie saoudite, comme dans plusieurs autres pays de la région. Mais selon HRW, la véritable raison de cette condamnation semble être la rare victoire judiciaire de cet employé étranger contre le ministère. Les condamnations pour "terrorisme" sont régulièrement portées contre les militants des droits humains, les opposants politiques et les voix critiques du gouvernement. Les autorités saoudiennes n'ont pas immédiatement répondu aux questions de l'AFP concernant cette affaire. "Le système juridique saoudien continue d'utiliser de vagues dispositions de la loi antiterroriste pour criminaliser un large éventail d'actes pacifiques qui n'ont aucun rapport avec le terrorisme", a ajouté M. Shea.