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Assassinat en Eswatini: les pays voisins exigent une "enquête approfondie"

Les pays de la région Afrique australe ont alerté mardi contre une "escalade des tensions" en Eswatini et exhorté la dernière monarchie absolue du continent à mener "une enquête approfondie" après l'assassinat d'un opposant influent, qui a provoqué l'indignation internationale.

AFRICA RADIO

31 janvier 2023 à 18h51 par AFP

Thulani Maseko, avocat respecté de 52 ans et opposant farouche au régime du roi Mswati III, a été tué le 21 janvier au soir à son domicile de Luhleko, à environ 50 kilomètres de la capitale Mbabane. Il avait passé une grande partie de sa vie à lutter contre la répression ainsi qu'à défendre ceux réclamant la démocratie. Il avait été envoyé en prison pour avoir critiqué la monarchie. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) qui regroupe 16 pays, réunis dans la capitale namibienne Windhoek, ont exigé "une enquête rapide, transparente et approfondie" sur l'assassinat, rejoignant un appel la semaine dernière de l'ONU et des Etats-Unis pour une enquête "impartiale". L'Union européenne a de son côté exprimé son inquiétude. Appelant au calme dans le petit royaume enclavé dans le territoire sud-africain à la frontière avec le Mozambique, la SADC a appelé le royaume à "lancer de toute urgence un dialogue national", soulignant "des violences continues et sporadiques, signes d'une escalade des tensions". Ces incidents "regrettables" sont survenus "alors que la région s'efforce d'aider ce pays voisin à trouver et mettre en oeuvre des solutions pacifiques" à ses problèmes, avait déclaré plus tôt le président namibien Hage Geingob, à la tête de l'Organe de défense et sécurité de la SADC. - Contestation pro-démocratie - Le royaume d'Eswatini est secoué depuis 2021 par une contestation pro-démocratie. En juin 2021, au moins 37 personnes ont été tuées lors de manifestations anti-régime violemment réprimées. Des protestations limitées et des grèves ont depuis continué de façon sporadique. Quelques heures avant l'assassinat de Thulani Maseko, le roi Mswati III avait lancé un message public à ses opposants: "Les gens ne devraient pas se plaindre si des mercenaires les tuent. Ces gens ont commencé la violence en premier". Petit pays pauvre d'1,2 million d'habitant, anciennement connu sous le nom de Swaziland, l'Eswatini est dirigé depuis 1986 par Mswati III, critiqué pour son train de vie fastueux. Le souverain peut dissoudre le Parlement, le gouvernement et nommer ou démettre les juges. Il commande aussi la police et l'armée. Les partis politiques, théoriquement autorisés, ne peuvent pas dans les faits participer aux élections. Les prochaines élections générales doivent être organisées cette année. Le Premier ministre d'Eswatini, Cleopas Dlamini, ainsi que le président sud-africain Cyril Ramaphosa et le chef d'Etat zambien Hakainde Hichilema étaient notamment présents à la réunion mardi. La SADC a par ailleurs "fermement condamné la recrudescence des violences et des activités des groupes armés" dans l'est de la RDC où le pape François a entamé une visite mardi.