Attaque shebab contre un hôtel en Somalie: le gouvernement promet d'assumer ses responsabilités

AFRICA RADIO

22 août 2022 à 11h36 par AFP

Le Premier ministre somalien a appelé à l'unité et assuré que le gouvernement assumera ses responsabilités, après la sanglante attaque menée ce weekend par les islamistes radicaux shebab contre un hôtel de Mogadiscio qui a fait au moins 21 morts et 117 blessés.

Mogadiscio (AFP)

"Il y aura des responsabilités au sein du gouvernement, personne au sein du gouvernement n'échappera à (sa) responsabilité.Quiconque a négligé la responsabilité qui lui a été confiée sera tenu responsable", a déclaré Hamza Abdi Barre dimanche soir, après avoir visité les blessés de l'attaque dans un hôpital de Mogadiscio.

"Il n'y a qu'un seul choix ici: soit nous permettons aux shebabs – les enfants de l'enfer – de vivre, soit nous vivons.Nous ne pouvons pas vivre ensemble", a-t-il affirmé.

"Si leur intention est de dissuader le courage du peuple somalien qui a décidé de les combattre, cela n'arrivera jamais et la lutte contre eux a déjà commencé en plusieurs endroits", a-t-il déclaré.

Il a appelé "le peuple somalien à s'unir pour lutter contre l'ennemi et (...) pour se libérer afin que ce qu'il s'est passé là ne se reproduise jamais", a-t-il ajouté.

Les islamistes radicaux shebab, groupe lié à Al-Qaïda qui combat le gouvernement somalien depuis 15 ans, ont lancé vendredi soir une attaque d'envergure sur l'hôtel Hayat, dans la capitale Mogadiscio, qui s'est achevée dans la nuit de samedi à dimanche après une intervention de forces de sécurité.

Le ministre de la Santé a évoqué dimanche après-midi un bilan "à ce stade" de 21 morts et 117 blessés. 

Selon le commissaire de police Abdi Hassan Mohamed Hijar, "106 personnes, dont des femmes et des enfants", ont été sauvées par les forces de sécurité.

Dimanche, des sauveteurs tentaient encore de retrouver d'éventuels survivants parmi les décombres et des experts s'employaient à détecter d'éventuels explosifs, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Cette attaque est la plus sanglante depuis l'élection mi-mai du président Hassan Sheikh Mohamoud et la prise de fonctions du gouvernement début août. 

- Trente heures d'assaut - 

Les shebab ont été chassés des principales villes de ce pays de la corne de l'Afrique, dont Mogadiscio en 2011, mais restent implantés dans de vastes zones rurales et demeurent une menace de premier ordre pour les autorités.

Un des fondateurs et ancien commandant du mouvement shebab aujourd'hui ministre des Affaires religieuses, Muktar Robow, alias Abou Mansour, a condamné l'attaque et appelé les combattants à quitter les shebab.

"Je les appelle à se repentir.Une personne a la possibilité de renoncer à ses torts aussi longtemps qu'elle vit", a-t-il déclaré.

"Ceux qui vous envoient faire cela, j'en connais beaucoup et ils ont leurs enfants à l'université de Mogadiscio et ne les enverraient pas faire ce travail.Alors je vous appelle à vous méfier, à vous repentir, à les quitter et à retourner dans votre société car il y a encore des chances, a-t-il poursuivi. 

"La société devrait savoir que son intérêt est de s'unir pour lutter contre eux", a-t-il ajouté.

Vendredi soir, les shebab ont investi l'hôtel Hayat, lieu de rencontre prisé des responsables gouvernementaux bondé en ce jour de repos musulman, faisant exploser des bombes et tirant à l'arme à feu. 

Les forces de sécurité ont mis fin à l'assaut vers minuit samedi, annonçant la mort de tous les assaillants.

Durant la trentaine d'heures qu'a duré l'attaque, l'établissement a subi de lourds dégâts, certaines parties du bâtiment s'étant effondrées.

Les alliés de la Somalie, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et la Turquie, ainsi que l'ONU, ont fermement condamné cet attentat.

La délégation de l'Union européenne dans le pays a réaffirmé son soutien au gouvernement somalien "dans son objectif d'assurer la paix et la stabilité".

Cette attaque "est intervenue à un moment critique" pour le gouvernement fédéral qui vient d'être nommé et "vise clairement" à "accroître la pression sur une situation déjà tendue" après les élections, ont ajouté dans un communiqué les services du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.