Attentat de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire: verdict le 28 décembre

AFRICA RADIO

22 décembre 2022 à 19h21 par AFP

Le verdict de l'attentat jihadiste dans la ville balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam qui avait fait 19 morts en 2016, sera rendu le 28 décembre a annoncé le président du tribunal criminel d'Abidjan à l'issue des plaidoiries de la défense, jeudi.

Le président du tribunal Bini Maizan Kouakou a mis le jugement en délibéré jusqu'au 28 décembre à 14H00 (locales et GMT). Auparavant, les avocats des quatre accusés présents physiquement au procès avaient réclamé l'acquittement pour leurs clients. Martelant que l'accusation manquait de "preuves" quant à leur complicité avec les auteurs de l'attaque, les avocats ont estimé que leurs clients étaient des "boucs émissaires". "Il faut qu'ils paient pour faire une sorte d'exemple. Au nom de quoi? De la vengeance?", a lancé Maître Eric Saki. Dix-huit personnes ont été renvoyées devant le tribunal criminel d'Abidjan pour leur implication dans l'attaque, mais seuls quatre d'entre eux sont présents physiquement à l'audience. Les autres sont en fuite ou incarcérés au Mali. Tous sont accusés "d'actes terroristes, assassinat, tentative d'assassinat, recel de malfaiteurs, détention illégale d'armes à feu et de munitions de guerre et de complicité desdits faits". Les quatre accusés présents à l'audience, Hantao Ag Mohamed Cissé, Sidi Mohamed Kounta, Mohamed Cissé et Hassan Barry, sont particulièrement soupçonnés d'avoir été des complices de cette attaque, en aidant les cerveaux de l'opération dans le repérage notamment, ce qu'ils nient. "Je ne suis pas celui que les gens pensent", a déclaré Sidi Mohammed Kounta, devant le tribunal, jeudi. La veille, le procureur de la République Richard Adou avait requis la perpétuité contre les quatre hommes ainsi que contre plusieurs cerveaux de l'opération, absents au procès. Le 13 mars 2016, trois jeunes assaillants avaient remonté la plage de Grand-Bassam, très fréquentée par des étrangers, puis pris d'assaut plusieurs restaurants, tirant à la kalachnikov sur des clients en terrasse avant d'être abattus par les forces de sécurité ivoiriennes. Revendiquée par la branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), cette attaque jihadiste, la première survenue en Côte d'Ivoire, avait fait 19 morts, dont quatre Français. Outre ces quatre Français, neuf Ivoiriens, un Libanais, une Allemande, une Macédonienne, une Malienne, une Nigériane et une personne non identifiée avaient été tués lors de l'attentat et 33 personnes de diverses nationalités blessées. Au cours du procès, de nombreux témoins de l'attaque, dont le patron d'un des hôtels ciblés et un membre des forces spéciales qui ont abattu les assaillants, sont venus raconter la journée du 13 mars 2016 à la barre.