Burkina: au moins 13 supplétifs civils de l'armée tués lors d'une attaque dans le nord

Par AFP

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Au moins treize supplétifs civils engagés dans la lutte antijihadiste aux côtés de l'armée ont été tués jeudi lors d'une attaque dans le nord du Burkina Faso, ont indiqué à l'AFP des sources sécuritaires.

"Ce matin vers 11h (GMT et locales) une équipe de VDP (volontaires pour la défense de la patrie) est tombée dans une embuscade à You, une localité située sur l'axe Titao-Ouahigouya", a expliqué une source sécuritaire faisant état d'une "douzaine d'éléments tombés" parmi les VDP et de "quelques blessés". Un responsable des VDP de la zone a expliqué qu'un blessé avait ensuite succombé, portant le bilan à 13 morts, précisant que "les autres blessés, environ une dizaine, ont été évacués" vers le centre médical de Titao. "Des opérations de ratissage et de sécurisation" sont en cours dans la zone, avec un "renfort de l'armée", a t-il assuré. Cette attaque survient au lendemain du limogeage du gouvernement burkinabè, vivement critiqué par une partie de la population qui dénonce "l'incapacité" du pouvoir à contrer la violence jihadiste qui frappe le pays. Un nouveau gouvernement doit être nommé dans les prochains jours. Le 5 décembre, cinq autres volontaires ont été tués par des assaillants à Gargaboulé, dans la province du Soum, toujours dans le nord du Burkina, a par ailleurs indiqué le responsable des VDP de la zone. Créés en décembre 2019, les VDP interviennent aux côtés de l'armée pour des missions de surveillance, d'information et de protection après une formation militaire de 14 jours. Ils font également office de pisteurs et sont souvent engagés dans des combats au prix de lourdes pertes, avec plus de 250 morts dans leurs rangs depuis 2020, selon un décompte de l'AFP. Pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso est en proie depuis 2015 à des attaques jihadistes régulières et meurtrières, comme ses voisins le Mali et le Niger. Ces attaques, souvent couplées à des embuscades et attribuées aux groupes jihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) et à Al-Qaïda, ont fait plus de 2.000 morts et contraint plus de 1,4 million de personnes à fuir leurs foyers.