Burkina: "essentiel" de juger les auteurs d'atteintes aux droits de l'Homme

Par AFP

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La Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a jugé essentiel, mercredi à Ouagadougou, que "les auteurs de violations et d'abus soient traduits en justice" au terme d'une visite de quatre jours au Burkina Faso en proie à des violences jihadistes.

Depuis que le Burkina Faso fait face à des violences jihadistes, "il y a eu des allégations d'exécutions sommaires, d'enlèvements, de disparitions forcées et de violences sexuelles par des groupes extrémistes violents, des groupes de défense locaux, des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP, supplétifs armés) et les forces de sécurité et de défense nationales", a déclaré M. Bachelet lors d'une conférence de presse. "Il est essentiel que tous les auteurs de ces violations des droits de l'Homme et de ces abus soient traduits en justice, quelle que soit leur affiliation, et qu'ils soient tenus responsables de leurs actes", a-t-elle souligné. Mme Bachelet s'est également dite "très préoccupée par l'augmentation des tensions intercommunautaires" au Burkina Faso, "en particulier en ce qui concerne la stigmatisation des Peuls", assimilés parfois à des jihadistes, certains d'entre eux ayant rejoint les groupes armés. "Les dirigeants politiques et communautaires doivent travailler activement et prendre des mesures pour éviter que des communautés entières ne soient ciblées ou humiliées sur la base de leur affiliation supposée à l'extrémisme violent", a-t-elle exhorté. Alors que des habitants ont manifesté ces derniers jours contre la recrudescence des violences, le gouvernement burkinabè a procédé à la coupure de l'internet mobile pendant huit jours, ce qu'a condamné Mme Bachelet, qualifiant cette décision de "malheureuse" qui "envoie un mauvais message". Pays pauvre d'Afrique de l'ouest, le Burkina Faso fait face depuis 2015 à des attaques jihadistes de plus en plus régulières et meurtrières qui ont fait environ 2.000 morts et 1,4 million de déplacés. Ces attaques de groupes liés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique (EI), de plus en plus fréquentes, sont en grande majorité concentrées dans le nord et l'est du pays. Après le Burkina Faso, Michelle Bachelet doit se rendre au Niger, pays voisin également confronté à la violence jihadiste.