Burkina: huit mineurs portés disparus sous terre depuis un mois, l'espoir s'amenuise

AFRICA RADIO

17 mai 2022 à 18h21 par AFP

La "chambre de refuge" où les sauveteurs pensaient retrouver huit mineurs disparus sous terre depuis un mois dans une mine de zinc du Burkina Faso, est vide, mais les opérations de secours continuent néanmoins, a annoncé mardi le ministre burkinabè des Mines.

Ces huit mineurs - six Burkinabè, un Zambien et un Tanzanien - ont été pris au piège le 16 avril au fond de la mine de Perkoa, exploitée par la compagnie canadienne Trevali Mining, à une centaine de km à l'ouest de Ouagadougou, après des pluies diluviennes qui ont inondé les galeries souterraines où ils travaillaient à 700 mètres sous terre. Depuis, aucun contact n'a pu être établi avec eux, mais les sauveteurs espèraient encore qu'ils avaient pu s'abriter dans une "chambre de refuge" située à 580 mètres de profondeur, où des kits de survie comprenant de l'eau, de la nourriture et des médicaments, sont habituellement stockés. Les secouristes ont pu atteindre la chambre mardi, mais l'ont trouvée "vide de toute être humain", a déclaré le ministre des Mines, Jean Alphonse Somé, présent sur les lieux. "C'est une information cruelle que nous portons en nous et que nous avons apporté aux parents des victimes", a-t-il ajouté. Mais "les recherches ne sont pas finies", a affirmé le ministre. Avec les responsables de la mine, "le gouvernement s'est engagé à poursuivre les opérations de pompage pour regarder plus bas, plus profond sous terre, (voir) si nos frères n'ont pas pu trouver un refuge autre que celui où nous espérions qu'ils se trouvaient", a-t-il dit. "Il y a encore une autre chambre de refuge plus bas", l'objectif n'étant pas seulement de l'atteindre, mais de pomper toute l'eau qui se trouve dans les galeries souterraines, a précisé M. Somé. Les sauveteurs s'attèlent sans relâche depuis un mois à pomper les quelques 165 millions de litres d'eau qui ont inondé les galeries. "On n'a pas les nouvelles auxquelles on s'attendait, ce n'est pas du tout facile", a déclaré Antoine Bama, porte-parole des familles des disparus. Ne pas avoir retrouvé les mineurs dans la première chambre "est une déception, mais on va continuer dans la prière en espérant avoir d'autres nouvelles dans les jours à venir", a-t-il ajouté, affirmant que "selon ce que les techniciens disent, il y a de l'espoir". Lui et les autres proches des mineurs se retrouvent tous les jours sur le site "pour se soutenir, se consoler et suivre de près l'évolution des opérations", explique M. Bama. "C'est une angoisse qu'on vit depuis maintenant un mois" et "on ne sait pas quand cela va prendre fin", avait-il déclaré avant que l'on ne découvre la chambre vide mardi. "Si la chambre est vide, on ne sait plus à quoi on va (pouvoir) s'accrocher", avait-il estimé. Le 1er mai, le gouvernement a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "situer toutes les responsabilités", et pris "des mesures conservatoires" pour empêcher les responsables de la mine de quitter le territoire burkinabè. De leur côté, les familles de six mineurs ont porté "plainte contre x" pour "tentative d'homicide involontaire", "mise en danger de la vie d'autrui" et "non assistance à personne en danger".