Burkina: nouvelles arrestations de militaires et civils accusés de préparer un coup d'Etat

Par AFP

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Douze personnes étaient en détention au Burkina Faso après de nouvelles arrestations pour des faits présumés de "tentative de déstabilisation des institutions", a annoncé jeudi le ministre des Armées Aimé Barthélémy Simporé.

Depuis lundi, quinze personnes ont été interpellées, "deux officiers, sept sous-officiers, un militaire du rang et cinq civils", a déclaré le général Simporé, à l'issue du conseil des ministres. Deux civils et un militaire ont toutefois été relaxés à l'issue des premières auditions, a-t-il précisé et douze personnes sont toujours en détention préventive. Ces interpellations font suite à la saisine du parquet du tribunal militaire de Ouagadougou pour "des faits présumés de tentative de déstabilisation des institutions de l'Etat", a t-il ajouté. Les interpellations ont eu lieu à la suite d'une "dénonciation d'un militaire qui aurait été contacté par un groupe d'individus pour les rejoindre pour mener des actions de déstabilisation contre les institutions", a expliqué M. Simporé. "Nous demandons à notre nation de garder la sérénité et de vaquer à leurs occupations en attendant que le parquet puisse communiquer sur les résultats de cette enquête", a-t-il conclu. Huit militaires avaient été arrêtés lundi, parmi lesquels le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana, selon des sources sécuritaires interrogées par l'AFP. Ex-chef de corps du 12e régiment d'infanterie commando, il était jusqu'à présent commandant du groupement des forces du secteur ouest, engagées dans la lutte antiterroriste dans ce pays régulièrement endeuillé par des attaques jihadistes. Selon une des sources sécuritaires interrogées, "des soupçons de complot en vue d'une déstabilisation (du pouvoir) avec des ramifications à l'étranger" pesaient sur lui et sur plusieurs militaires depuis les manifestations du 27 novembre 2021. Ce jour là, des centaines de Burkinabè était descendus dans la rue pour dénoncer "l'incapacité" du pouvoir à endiguer la violence jihadiste. Des violences avaient éclaté entre manifestants et forces de l'ordre faisant une dizaine de blessés. Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, qui ont fait au moins 2.000 morts et 1,4 million de déplacés.