Cameroun/ Festival Ecrans Noirs : "25 ans ne doit pas se fêter comme chaque année sur une seule semaine" - Bassek ba Kobhio

Par Lilianne Nyatcha / Africa Radio Paris

Bassek ba Kobhio

Le Festival Ecrans Noirs initié par le cinéaste et délégué général Bassek ba Kobhio ouvert à Yaoundé (Cameroun) le 20 novembre se poursuit jusqu'au 27 novembre. 76 films sont en compétition dans 9 catégories. Après 25 ans d’existence, Bassek ba Kobhio se dit « fier » du parcours réalisé. Il répond aux questions de Lilianne Nyatcha

Quelles sont les principales articulations de cette édition ?

C'est une édition un peu spéciale parce que nous l’avons commencé à vrai dire en septembre avec la cérémonie de lancement à Douala. 25 ans ne doit pas se fêter comme chaque année sur une seule semaine. Les principales innovations que nous avons cette année c’est la caravane de films à revoir qui va sillonner les communes.

Nous avons la télévision nationale camerounaise qui diffuse chaque vendredi ceux de nos films que le public a aimé. Nous avons des formations qui se développent et l'institut de formation aux métiers du cinéma et de l'audiovisuel qui ouvre ses portes. C’est un institut à formation universitaire. Nous reconduisons aussi au cours de cette édition les activités qui ont marché, à savoir la compétition, le marché du film et le colloque.

Tout se déroule bien ?
Pas totalement, non. Dans le cadre par exemple de la campagne des écrans noirs que nous avons engagé depuis Octobre, il y a des villes qu’on ne peut pas franchir alors que nous avons prévu de sillonner dans une cinquantaine. Parce que pour des raisons de sécurité, nous ne sommes pas autorisés à aller partout.

Vous avez aussi au programme, des films diffusés en audiodescription pour les mal-voyants et les malentendants…

Oui. Depuis plusieurs années nous diffusons des films vers les enfants. Et ça connait un très grand succès depuis les deux dernières éditions. Nous nous sommes après interrogés s’il ne fallait pas inclure d’autres cibles qui ne peuvent pas voir « normalement » le film.

C’est ainsi que nous sommes allés vers ces personnes qui sont soit malentendants, soit malvoyants. Car ils commencent eux aussi à vouloir faire du cinéma. L’idée c’est que tout le monde puisse profiter du cinéma.

Le festival Ecrans Noirs a été créée en 1997 et célèbre ses 25 ans d’existence. Mais 25 ans de fierté absolue ou de regrets aussi ?

Je vous mentirais si je disais qu’il n’y a pas eu de regrets. Il y a toujours des parts de regrets même dans les grandes satisfactions. Il y a eu parfois même des tentations d'abandonner. Mais ce qui est formidable c'est que dès qu'on referme la page de l'édition qui précède, on ne pense plus qu'aux bon moments qu’on a vécu et puis ça nous redonne de l'entrain. Donc par rapport aux regrets, il y a beaucoup plus de raisons de poursuivre.

En 2016, Ecrans noirs a été reconnue d'utilité publique par le chef de l'Etat camerounais. Ce soutien a-t-il aussi contribué à la survie de cet événement ?

Oh oui forcément. Parce que pendant les 10 premières années je me plaignais toujours et j'estimais que c’est difficile. Mais là, je dois dire désormais que nous sommes soutenus.

Ecrans Noirs est devenu le deuxième plus grand festival du cinéma en Afrique après le FESPACO de Ouagadougou. Prévoyez-vous de supplanter le FESPACO ?

Nous avons d'excellents rapports avec le FESPACO et nous avons aussi nos ambitions à nous. Une chose qui va demeurer, c’est que le FESPACO reste le FESPACO. C’est l’Afrique qui gagne.

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