Centrafrique: cinq civils et un militaire tués dans une attaque rebelle

Par AFP

AFRICA RADIO

Cinq civils et un soldat centrafricain ont été tués dans une attaque armée dans le nord-ouest de la Centrafrique, en proie à des combats entre des groupes rebelles et l'armée, a déclaré lundi à l'AFP le sous-préfet de la région.

Dimanche, "les rebelles ont attaqué les positions des forces centrafricaines et sont entrés dans la ville" de Mann, à 600 km au nord-ouest de la capitale Bangui, a déclaré Jean-Ulrich Sembetanga. "Le bilan est de cinq civils tués, un soldat centrafricain et un rebelle", a affirmé à l'AFP M. Sembetanga. Le sous-préfet a mis en cause les rebelles des 3R, (Retour, Réclamation, Réhabilitation) majoritairement composés de Peuls et très puissants dans le nord-ouest de la Centrafrique. Le 28 novembre, une trentaine de civils et deux militaires avaient aussi été tués dans des attaques menées selon les autorités par ce groupe rebelle. Les 6 et 7 décembre une quinzaine de civils ont été tués dans des attaques de groupes armés à Boyo dans le centre-est de la Centrafrique, a annoncé lundi l'ONU en évoquant également "des cas d'amputation, d'extorsion et destruction d'habitations et près de 1.500 personnes déplacées". Le président Faustin Archange Touadéra a décrété le 15 octobre "un cessez-le-feu unilatéral" de son armée et de ses alliés pour favoriser l'ouverture prochaine d'un dialogue. Les principaux groupes armés avaient annoncé qu'ils respecteraient également un cessez-le-feu. Classée deuxième pays le moins développé au monde par l'ONU, la Centrafrique a été plongée dans une guerre civile sanglante après un coup d'État en 2013. Ce conflit perdure mais a considérablement baissé d'intensité depuis trois ans, même si des pans entiers de territoires continuent d'échapper au pouvoir central. Une coalition de groupes rebelles a lancé en décembre 2020 une offensive pour tenter de renverser le chef de l'État Faustin Archange Touadéra qui briguait un deuxième mandat. Il a été réélu et a appelé à la rescousse Moscou et Kigali qui ont massivement dépêché des paramilitaires russes - des "mercenaires" de la société privée Wagner, selon l'ONU - et des soldats d'élite rwandais. Ces forces ont reconquis la grande majorité du pays et repoussé les rebelles dans la brousse, d'où ils multiplient les actions de guérilla.