Charles Blé Goudé demande à la CPI de l'aider à rentrer en Côte d'Ivoire

Par AFP

AFRICA RADIO

Charles Blé Goudé, un pilier du régime de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, définitivement acquitté par la justice internationale en mars, a demandé lundi à la Cour pénale internationale de l'aider à rentrer en Côte d'Ivoire, ce qu'il ne peut faire pour l'heure, faute de passeport.

"C'est votre devoir de me faire repartir en Côte d'Ivoire, vous en avez l'autorité, vous en avez le pouvoir, vous en avez le devoir", a-t-il déclaré dans un discours devant les juges de la CPI, transmis à l'AFP. Cette audience fait suite à une demande d'indemnisation déposée en septembre par M. Blé Goudé, estimant avoir été victime d'une "erreur judiciaire grave et manifeste". "Lorsque j'ai été acquitté, j'étais heureux parce-que pour moi c'était la fin d'un calvaire, or je m'étais lourdement trompé. Mon calvaire se poursuit aujourd'hui et continue", a poursuivi M. Blé Goudé. "Aujourd'hui le citoyen Blé Goudé est devenu un apatride", a-t-il ajouté. Depuis son acquittement pour crimes contre l'humanité le 31 mars, en même temps que Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé n'a pas encore fait son retour en Côte d'Ivoire, faute de passeport. Mi-juillet, il avait été reçu à l'ambassade ivoirienne de la Haye pour commencer les démarches en vue d'obtenir ce document. Le mois dernier, le porte-parole du gouvernement ivoirien avait invité les partisans de M. Blé Goudé "à la patience", expliquant que l'administration pouvait parfois être "lente". Arrêté en 2013 au Ghana, M. Blé Goudé - surnommé "le général de la rue" pour sa capacité à mobiliser les foules et notamment la jeunesse - avait été transféré à la CPI à La Haye en 2014. Ses détracteurs et certaines ONG internationales le considèrent comme un de ceux qui ont le plus contribué aux violences pendant la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara, qui avaient fait quelque 3.000 morts. Comme Laurent Gbagbo, M. Blé Goudé a été condamné par contumace en Côte d'Ivoire à 20 ans de prison pour des faits liés à cette crise. Si le gouvernement a laissé entendre que la peine prononcée contre M. Gbagbo serait abandonnée, il n'a rien dit concernant celle de Charles Blé Goudé.