Congo: une ONG appelle à la ratification de la Convention contre les disparitions forcées

AFRICA RADIO

27 mars 2022 à 12h21 par AFP

Une ONG congolaise a appelé les autorités à ratifier la Convention internationale contre les disparitions forcées, face à la montée des cas au Congo où les forces de l'ordre sont souvent pointées du doigt, a déclaré dimanche à l'AFP son responsable.

"La pratique des disparitions forcées continuent d'endeuiller plusieurs familles au Congo-Brazzaville. Nous pensons qu'il est temps pour les autorités de ratifier la Convention internationale de protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées", a indiqué à l'AFP Trésor Nzila de l'organisation Centre d'actions pour le développement(CAD). Cette ONG a formulé sa demande, il y a quelques semaines, dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants qu'elle accuse d'"inaction" dans le processus de ratification de ce traité international. "En 2007 le gouvernement a signé cette convention et en 2018, à l'occasion de l'examen périodique universel, le gouvernement congolais a accepté de ratifier ce traité international. Mais nous constatons que depuis 2018 le gouvernement traîne les pieds", dénonce M. Nzila. Le CAD affirme avoir documenté au moins une dizaine de cas de disparitions forcées(essentiellement à Brazzaville et Pointe-Noire) entre 2021 et début 2022. Au nombre des cas traités figure celui de Dieu-Merveille Ebalinini, un lycéen de 18 ans arrêté une nuit de févier 2021 par la police, qui l'a présenté comme un membre présumé d'un gang. "Ca fait une année et quelques mois que la police est partie avec mon fils. J'ignore là où il se trouve", se lamente auprès de l'AFP sa mère qui refuse d'organiser un deuil et hésite à porter plainte. La ratification de la convention contre les disparitions forcées "fait partie des objectifs de notre institution", indique la Commission nationale des droits dans un courrier consulté par l'AFP. "La Commission nationale des droits de l'homme usera de tous les moyens légaux pour y parvenir", assure cette institution gouvernementale, sans donner plus de détails, ni de chronogramme. "La ratification de ce traité crée des obligations. L'État congolais sera en droit d'enquêter et de rendre justice. Ce qui permettra de corriger le comportement des agents de la force publique qui sont souvent indexés", explique M. Nzila.