Corruption: le Mozambique s'oppose à l'extradition d'un ex-ministre aux États-Unis

Par AFP

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Le Mozambique "n'accepte pas la décision" de la justice sud-africaine d'extrader son ex-ministre des Finances aux Etats-Unis, pour qu'il soit jugé dans le scandale dit de la "dette cachée" portant sur des prêts secrets d'1,8 milliard d'euros, a déclaré jeudi le bureau du procureur général.

"La République du Mozambique n'accepte pas cette décision", a-t-il écrit dans un communiqué. L'Afrique du Sud, où l'ex ministre est détenu depuis 2018, avait prononcé son extradition la veille. Le Mozambique compte faire appel de cette décision devant la Cour constitutionnelle de Johannesburg et demander le retour de l'ex ministre à Maputo. En poste de 2005 à 2015, Manuel Chang est accusé d'avoir perçu plusieurs millions d'euros de pots-de-vin. La justice américaine s'est saisie de l'affaire car une partie de l'argent y a transité. Selon des représentants de la société civile mozambicaine, M. Chang pourrait bénéficier d'une immunité s'il était renvoyé dans son pays. L'affaire concerne des prêts secrets accordés par des banques étrangères à des entreprises publiques mozambicaines et garantis par l'Etat, officiellement pour des contrats d'équipement en matériel de pêche et surveillance maritime. Le scandale dévoilé en 2016 avait fait plonger le pays dans sa plus grave crise financière. Le FMI avait suspendu son aide budgétaire et le Mozambique était tombé en défaut de paiement. L'actuel président Filipe Nyusi, alors ministre de la Défense, a été cité dans plusieurs témoignages. Il a été assigné en octobre devant un tribunal à Londres. Des procédures concernant cette affaire sont aussi en cours en Suisse et en Afrique du Sud.