Côte d'Ivoire: les gardiens de prison suspendent leur grève

27 août 2021 à 16h22 par AFP

AFRICA RADIO

Les gardiens de prison de Côte d'Ivoire ont suspendu vendredi leur mouvement de grève déclenché il y a deux jours pour réclamer de "meilleures conditions de travail", ont-ils annoncé à l'AFP.

"Nous avons suspendu notre mouvement de grève" après avoir obtenu en partie "satisfaction" de la part du ministère de la Justice, a expliqué à l'AFP Oko Dago, secrétaire général du Collectif des syndicats du personnel pénitentiaire de Côte d'Ivoire. "Le service va reprendre pour donner une chance aux discussions qui se poursuivent", a-t-il ajouté, affirmant avoir notamment obtenu "la libération d'une dizaine de nos camarades arrêtés" au début du mouvement mercredi. Les surveillants de prison de Côte d'Ivoire s'étaient mis en grève pour réclamer des primes liées à la crise sanitaire du Covid-19 et de "meilleures conditions de travail". "Cette grève est suivie à 90% sur l'ensemble du territoire national. Les 33 prisons, à l'exception de celle d'Abidjan sont fermées", avait alors affirmé M. Dago. "L'univers carcéral est le plus vulnérable et exposé à la pandémie de Covid-19 pendant que nous ne percevons pas la prime que perçoivent les autres corps" avait-il poursuivi, déplorant "le refus de dialogue du garde des sceaux". Les grévistes avaient affirmé avoir assuré "le service minimum" à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), la plus grande prison du pays, "afin d'empêcher toute tentative d'évasion". Il y a deux ans, les gardiens de prison s'étaient mis en grève pour dénoncer la surpopulation carcérale et le manque de moyens, demandant des "états généraux du secteur". Les syndicats dénoncent la surpopulation carcérale avec 18.900 détenus pour une capacité officielle de 7.000 places, soulignant que la Maca accueille à elle seule 7.180 prisonniers pour une capacité de 1.200 à 1.500 places. Le collectif des syndicats réclame toujours un "statut spécial" pour les 3.500 agents pénitentiaires qui sont actuellement "de simples fonctionnaires". Parmi les revendications, figurent aussi de meilleures primes de logement, beaucoup de gardiens ayant "reçu des avis d'expulsion en raison d'arriérés de loyers" qui augmentent.