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Côte d'Ivoire: procès en appel de proches de l'ex-Premier ministre Guillaume Soro

Le procès en appel de douze proches de l'ex-Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, condamnés en première instance pour "tentative d'atteinte à la sûreté de l'État", s'est ouvert jeudi à Abidjan.

AFRICA RADIO

2 février 2023 à 17h51 par AFP

Ils sont accusés d'avoir fomenté une "insurrection civile et militaire" visant à renverser le régime du président Alassane Ouattara, lors d'un retour avorté en Côte d'Ivoire de Guillaume Soro en décembre 2019. Cette tentative de retour avait eu lieu dix mois avant la présidentielle d'octobre 2020 remportée par M.Ouattara dans des conditions controversées et à laquelle M.Soro espérait se présenter. Les avocats de la défense ont demandé la libération immédiate de l'ancien chef de protocole de Guillaume Soro, Souleymane Kamaraté, une demande rejetée par la cour. Ce dernier avait été condamné à 20 ans de prison en juin 2021 avec deux autres proches collaborateurs de M. Soro pour "complot", "tentative d'atteinte contre l'autorité de l'Etat", ainsi que de "diffusion et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement, ayant entraîné une atteinte au moral des populations". Les frères de Guillaume Soro, Rigobert et Simon, condamnés lors du même procès à 17 mois de prison ferme pour "trouble à l'ordre public" n'étaient pas présents devant la Cour d'appel d'Abidjan. Guillaume Soro, également absent, avait lui été condamné à la prison à perpétuité par contumace. "Pour lui, ce sera la prison à perpétuité", avait déclaré en octobre 2020 le président Ouattara au sujet de son ancien allié. Chef de la rébellion qui contrôlait la moitié nord de la Côte d'Ivoire dans les années 2000, Guillaume Soro avait aidé Alassane Ouattara à accéder au pouvoir lors de la violente crise post-électorale de 2010-2011 provoquée par le refus du président sortant Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite à la présidentielle de fin 2010. Guillaume Soro était devenu le premier chef du gouvernement de M. Ouattara, avant une rupture début 2019, en raison, selon les observateurs, des ambitions présidentielles de M. Soro. En avril 2020, M. Soro avait déjà été condamné à 20 ans de prison pour recel de détournement de deniers publics pour avoir tenté, selon la justice, de s'approprier une résidence achetée par l'Etat pour le loger lorsqu'il était Premier ministre. Cette condamnation avait justifié l'invalidation de sa candidature à la présidentielle d'octobre 2020. Guillaume Soro vit en exil depuis 2019.