Côte d'Ivoire: une quarantaine de policiers et gendarmes poursuivis pour racket

17 septembre 2021 à 13h51 par AFP

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Une quarantaine de gendarmes et de policiers ivoiriens poursuivis pour racket sur les routes seront jugés en octobre, a annoncé vendredi le procureur militaire, prônant une "tolérance zéro" face à la corruption des forces de l'ordre dans le pays.

"Nous n'allons plus tolérer certaines choses. Nous allons désormais rentrer dans la phase de la sanction et de la répression, dès la rentrée judiciaire. Le tribunal militaire a déjà programmé le jugement de 43 policiers et gendarmes pour racket sur les routes" a déclaré à l'AFP le général Ange Kessi, commissaire du gouvernement, chargé de poursuivre les militaires qui ont enfreint la loi. Pour lui, "si les agents d'application de la loi ne sont pas intègres et foulent aux pieds le droit, ils ruinent la confiance de nos concitoyens en sa police et en sa gendarmerie". Ce procès se tiendra dans le cadre des opérations "coup de poing" contre la corruption dans les services publics, lancé ces derniers mois par le ministère de la Promotion de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption. "Le message c'est: attention à la fraude, attention au racket, l'Etat vous voit", avait déclaré mardi, le ministre Zoro Epiphane Ballo en dévoilant ces opérations. "Des commerçants se sentent surtaxés et affirment que l'argent va dans les poches des forces de défense et de sécurité qui ont dévoyé leur mission", a martelé le ministre vendredi, lors d'une conférence de presse commune aux côtés du général Kessi. "Il faut que nos forces de défense et de sécurité sachent qu'elles sont commises à la restauration de la confiance entre la population et l'Etat et entre l'Etat et ses partenaires au développement", a-t-il ajouté. Selon l'indice de perception de la corruption de Transparency International, la principale organisation non-gouvernementale de lutte contre la corruption dans le monde, la Côte d'Ivoire a amélioré sa performance depuis 2013 et se classe au 104e rang sur 180 pays. Mais selon une enquête réalisée en 2017 par Afrobaromètre, un Ivoirien sur deux déclarait payer des pots-de-vin aux agents de police ou de gendarmerie pour éviter des problèmes, un sur trois payait les agents de l'administration pour se faire délivrer des documents, et deux tiers considéraient que signaler un cas de corruption était dangereux, du fait du risque de représailles.