Deux magnats égyptiens libérés après deux ans de détention (famille)

AFRICA RADIO

21 janvier 2023 à 20h36 par AFP

Un magnat égyptien du monde des affaires et son fils ont été remis en liberté après deux ans de détention préventive, sur des accusations en lien avec le "terrorisme", a annoncé samedi leur famille.

"Mon père Safwan Thabet et mon frère Seif al-Din Thabet sont avec nous", a écrit Mariam, la fille de Safwan, sans préciser quand les deux hommes ont été libérés. Safwan Thabet, un homme d'affaires septuagénaire de premier plan, est le fondateur et l'ancien patron de Juhayna, un important producteur de produits laitiers et de jus de fruits en Egypte. Il avait été arrêté en décembre 2020 et accusé d'avoir rejoint et financé la confrérie interdite des Frères musulmans, qualifiée de groupe terroriste en 2013. Environ un an plus tard, son fils et PDG de l'entreprise, Seif al Din Thabet, la quarantaine, avait à son tour été arrêté pour le même motif. Selon l'ONG Amnesty International, les deux hommes ont en réalité été "punis" pour avoir "résisté à des responsables de la sécurité" qui exigeaient un transfert d'actifs dans leur entreprise. Les deux hommes avaient ensuite été mis à l'"isolement pour une durée indéterminée", selon l'ONG, qui avait dénoncé en septembre 2021 des conditions de détention "s'apparentant à de la torture". En octobre dernier, alors que l'Egypte s'apprêtait à obtenir un prêt de 3 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI), l'ONG Freedom Initiative, basée à Washington, avait attiré l'attention sur leur sort. "L'économie politique de l'Egypte est encore très largement contrôlée au profit de quelques acteurs étatiques prêts à détenir, intimider et harceler même les icônes les plus appréciées du monde des affaires", avait déclaré Allison McManus de la Freedom Initiative, en référence aux Thabet. Le prêt du FMI a été accordé en échange d'un programme visant à "préserver la stabilité macroéconomique", "ouvrir la voie à une croissance durable, inclusive et tirée par le secteur privé", Le Caire s'engageant à accroître la transparence des transactions. L'Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe avec 104 millions d'habitants, compte plus de 60.000 prisonniers d'opinion selon des ONG.