Elections au Zimbabwe: au moins 80 opposants arrêtés à la veille d'un meeting

AFRICA RADIO

19 février 2022 à 18h36 par AFP

Le premier parti d'opposition au Zimbabwe a dénoncé l'arrestation samedi d'au moins 80 membres qui faisaient du porte-à-porte en vue des élections législatives partielles en mars, à Masvingo (centre) à 300 km d'Harare, à la veille du lancement officiel de la campagne par le parti.

Ils ont été placés en détention et "les charges retenues contre eux ne sont pas claires", a déclaré à l'AFP Fadzayi Mahere, porte-parole de la Coalition des citoyens pour le changement (CCC), auparavant Mouvement pour le changement démocratique (MDC-Alliance). Le président Emmerson Mnangagwa, successeur en 2017 de Robert Mugabe qui a régné d'une main de fer pendant 37 ans, est régulièrement accusé de vouloir museler toute opinion dissidente. Selon le CCC, treize jeunes opposants avaient été arrêtés la veille dans la capitale pour avoir organisé des rassemblements politiques. Présentés au tribunal samedi, l'audience a été repoussée à la semaine prochaine. "Nous condamnons la torture, l'arrestation et la détention illégale de treize membres", a déclaré Mme Mahere, ajoutant que "la persécution des citoyens doit cesser". L'opposition menée par Nelson Chamisa organise dimanche un grand meeting à Harare devant officiellement marquer le début de sa campagne pour le scrutin. Le Zimbabwe doit pourvoir le mois prochain 133 sièges locaux et parlementaires, un test avant les élections générales de 2023. Le parti au pouvoir, la Zanu-PF, a lancé sa campagne la semaine dernière. Devant des milliers de soutiens, M. Mnangagwa a fermement déclaré que le pays n'est pas prêt de voir l'opposition arriver un jour au pouvoir. La présidentielle de 2018 a été remportée de peu par Emmerson Mnangagwa face à l'opposant Nelson Chamisa. Le pays est gouverné par la Zanu-PF depuis son indépendance il y a 42 ans. A son arrivée au pouvoir, M. Mnangagwa avait promis des réformes mais le pays est toujours englué dans une profonde crise économique. L'ex-ministre des Finances et figure de l'opposition, Tendai Biti, avait également été arrêté lundi alors qu'il était en campagne à Harare.