Est de la RDC : 20 morts dans une attaque des rebelles ADF, selon des experts et ONG

AFRICA RADIO

28 février 2022 à 15h51 par AFP

Vingt civils ont été tués dans une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans un village de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris lundi auprès d'experts et d'organisations locales.

"Au moins 20 civils ont été tués au village Kikura" dans le territoire de Beni (province du Nord-Kivu), dans la nuit de dimanche à lundi, "les ADF sont soupçonnées", écrit sur Twitter le Baromètre sécuritaire de Kivu (KST, en sigle anglais). Parmi les 20 morts figurent "deux femmes et une fille d'environ 9 ans", a indiqué de son côté David Moaze, avocat et coordonnateur de l'ONG Action pour la défense de droits de l'Homme (Addho). Le village de Kikura est situé à environ 15 km de Mukakati, une base de l'armée ougandaise (UPDF) venue depuis fin novembre combattre les ADF sur le territoire de la RDC, avec l'accord du président Félix Tshisekedi. "Nous sommes dans la désolation, nous demandons à l'armée de s'organiser de ce côté", a réagi auprès de l'AFP Ricardo Rupande, président de la société civile locale, qui avance le même bilan. M. Rupande estime que les militaires "ont laissé à l'ennemi le temps de se réorganiser" dans cette région du territoire de Beni, où sont également présents les Forces armées congolaises (FARDC) et les Casques bleus de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco). Les rebelles ADF, présentés par l'organisation Etat islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale, sont accusés de nombreux massacres dans l'est de la RDC et d'attentats jihadistes sur le sol ougandais. La province du Nord-Kivu et celle voisine de l'Ituri sont placées depuis mai dernier sous le régime de l'état de siège, qui donne plein pouvoir aux militaires et vise à mettre fin à l'activité des groupes armés. Fin novembre, les troupes ougandaises sont entrées en RDC, d'abord dans le Nord-Kivu puis, fin janvier, en Ituri. Malgré ces opérations militaires conjointes entre les armées congolaise et ougandaise, des attaques et massacres de civils sont régulièrement rapportés dans cette zone où l'on dénombre environ 120 groupes armés.