Est de RDC : trois policiers tués dans l'attaque d'une milice

Par AFP

AFRICA RADIO

Trois policiers congolais ont été tués et trois autres blessés dans l'attaque de leur poste dans la nuit de jeudi à vendredi par des miliciens à Fizi, dans l'est de la République démocratique du Congo, ont indiqué vendredi des sources locales et militaires.

Le poste attaqué est situé à Kalimbi, localité voisine des Hauts plateaux du territoire de Fizi dans la province du Sud-Kivu, selon ces sources. "Trois policiers ont été tués, trois autres ont été blessés, tandis que d'autres sont portés disparus", a déclaré à l'AFP Émile Mneni Ngando, président de la société civile locale, ajoutant que plusieurs coups de feu ont été entendus entre 23H00 et minuit (21h00 et 22H00 GMT). "Les policiers blessés sont admis provisoirement au poste de santé de Milimbi", a indiqué à l'AFP Demunga Mwene Lubanda, chef du village attaqué. Cette attaque a été menée par le groupe armé "Maï-Maï Yakutumba", le bilan du côté de la police est de "trois morts, trois blessés et 8 armes emportées", a déclaré de son côté à l'AFP un haut responsable de l'armée dans la région, sous couvert d'anonymat. Le territoire de Fizi est le fief d'un ex-officier de l'armée congolaise, William Amuri Yakutumba, qui avait déserté l'armée régulière pour défier l'ancien président Joseph Kabila. Fizi est aussi l'endroit d'où est partie la rébellion de Laurent-Désiré Kabila, le père de Joseph, qui a pris le pouvoir en renversant le maréchal Mobutu Sese Seko le 17 mai 1997 à Kinshasa. Les Maï-Maï sont des miliciens dont les actions vont de la défense de leurs intérêts communautaires à la grande criminalité. Le territoire de Fizi qui abrite les Hauts plateaux de l'Est de la RDC est aussi miné par un conflit à caractère communautaire opposant essentiellement les Banyamulenge (des Congolais tutsi aux lointaines origines rwandaises) aux membres des communautés Bembe, Fuliro, Nyindu. Ce conflit prend racine autour du contrôle des terres et des ressources naturelles mais également sur des contestations autour de l'autorité locale. Le groupe d'auto-défense Yakutumba est partie prenante à ce conflit et prétend défendre les intérêts des autres communautés locales contre les Banyamulenge. Lundi, un colonel, trois soldats congolais et douze rebelles ont été tués dans des combats dans cette région contre la milice Banyamulenge.