Eswatini: le royaume ferme les écoles après une nouvelle vague de contestation

Par AFP

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Le royaume d'Eswatini, dernière monarchie absolue d'Afrique, confronté à une nouvelle vague de contestation anti-régime emmenée par la jeunesse, a annoncé samedi la fermeture des écoles "pour une durée indéterminée avec effet immédiat".

Les écoliers et lycéens du petit pays pauvre et enclavé d'Afrique australe, anciennement appelé Swaziland, manifestent dans le calme depuis plusieurs semaines et boycottent les cours pour réclamer la fin du régime et la gratuité de l'enseignement. "Le gouvernement de Sa Majesté a pris la décision de fermer les écoles pour une durée indéterminée avec effet immédiat", a annoncé dans un communiqué le Premier ministre, Cleopas Dlamini. L'armée et la police ont été déployées cette semaine dans les établissements scolaires, et plusieurs élèves ont été arrêtés, selon les militants pro-démocratie. Une précédente vague de manifestations contre le régime en juin, organisées par la société civile et l'opposition dans les deux principales villes du pays Manzini et Mbabane, avaient secoué le pays et causé de nombreux dégâts matériels. Le royaume avait alors décrété un couvre-feu, déployé l'armée et coupé internet, organisant à huis clos une répression du mouvement anti-monarchie condamnée par la communauté internationale. Samedi, un calme relatif planait sur le pays de 1,3 million d'habitants, selon un correspondant de l'AFP. Internet avait été coupé la veille pendant une manifestation près de la capitale Mbabane. Les contestataires réclament notamment la libération de deux élus d'opposition arrêtés en début d'année. Le roi Mswati III a accusé les manifestants pro-démocratie de priver les enfants d'éducation en les ralliant à la contestation. Il a finalement répondu en fermant toutes les écoles jusqu'à nouvel ordre. En Eswatini, le roi nomme les ministres, contrôle le Parlement et les partis politiques sont interdits depuis près de 50 ans. Couronné en 1986 à l'âge de 18 ans, le souverain qui a 15 épouses et plus de 25 enfants, est décrié pour sa poigne de fer et son train de vie fastueux dans un pays dont les deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté.