Ethiopie: Abiy Ahmed appelle les rebelles tigréens à "se rendre"

Par AFP

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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a exhorté mardi les rebelles du Tigré à se rendre, affirmant que les forces gouvernementales se rapprochaient de la victoire, une semaine après s'être engagé à diriger les opérations militaires sur le front.

"La jeunesse du Tigré est en train de tomber comme des feuilles. Sachant qu'elle est vaincue, elle est dirigée par quelqu'un qui n'a pas de vision ni de plan clair", a déclaré Abiy, lauréat du prix Nobel de la paix 2019, dans un commentaire diffusé sur les médias d'État. "Ils devraient se rendre aujourd'hui à la Force de défense nationale éthiopienne, aux forces spéciales, aux milices et au peuple", a lancé le Premier ministre éthiopien. La vidéo de mardi est la dernière d'une série montrant Abiy en uniforme avec des soldats dans ce qui semble être la région d'Afar, théâtre de combats ces dernières semaines, les rebelles tigréens tentant de prendre le contrôle d'une route stratégique reliant Djibouti à la capitale éthiopienne Addis Abeba. Dimanche, les médias d'État ont affirmé que l'armée contrôlait la ville afar de Chifra, située dans les basses terres, et M. Abiy a déclaré mardi que ces succès allaient se reproduire sur le front ouest, dans la région d'Amhara. "L'ennemi a été vaincu. Nous avons remporté une victoire impensable avec le commandement oriental en un jour. Maintenant, à l'ouest, nous allons répéter cette victoire", a-t-il déclaré mardi. Les craintes d'une marche des rebelles sur la capitale ont incité les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Grèce et d'autres pays à demander à leurs citoyens de quitter l'Éthiopie dès que possible. Lundi, un porte-parole du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a qualifié le déploiement militaire éthiopien de "cirque" impliquant des "jeux de guerre grotesques". La guerre a éclaté entre les deux camps en novembre 2020 après des mois de tension. Abiy a envoyé des troupes dans la région du Tigré, la plus septentrionale d'Ethiopie, pour renverser le TPLF, en réponse, selon lui, à des attaques du TPLF contre des camps de l'armée. Selon les estimations des Nations unies, les combats ont fait des milliers de morts, déplacé plus de deux millions de personnes et plongé des centaines de milliers d'autres dans des conditions proches de la famine.