Ethiopie: le gouvernement accuse les rebelles du Tigré d'avoir repris les combats

AFRICA RADIO

24 août 2022 à 10h36 par AFP

Le gouvernement éthiopien a confirmé que des combats avaient repris mercredi dans le nord de l'Ethiopie entre l'armée fédérale et les rebelles de la région du Tigré, accusant ces derniers d'avoir "rompu" la trêve en vigueur depuis cinq mois.

"Ne tenant aucun compte des nombreuses offres de paix présentées par le gouvernement éthiopien", les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) "ont lancé une attaque aujourd'hui à 05H00" (02H00 GMT) dans une zone située au sud du Tigré et ont "rompu la trêve", indique le gouvernement dans un communiqué. "Nos vaillantes forces de défense et toutes nos forces de sécurité répondent victorieusement et de manière coordonnée à cette attaque", poursuit le gouvernement, qui appelle la communauté internationale à exercer "une forte pression" sur les autorités rebelles du Tigré. Ces dernières avaient d'abord accusé dans la matinée l'armée fédérale éthiopienne d'avoir lancé une "offensive de grande échelle" contre leurs positions. Le Tigré et les zones frontalières avec les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar, dont certaines sont occupées par les rebelles tigréens, sont largement coupées du reste du pays et il était impossible de vérifier les affirmations de chacun de manière indépendante ou la situation sur le terrain. Ces combats sont les premiers d'ampleur signalés depuis qu'une trêve a été conclue fin mars par les deux camps. Le ton était monté ces derniers jours entre le gouvernement fédéral et les rebelles tigréens, chacun accusant l'autre de se préparer à reprendre les hostilités, en dépit des engagements répétés des uns et des autres ces deux derniers mois en faveur de négociations qui n'ont pas connu le moindre début de commencement. Le conflit au Tigré a éclaté en novembre 2020, quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed y a envoyé l'armée déloger le gouvernement de la région qui contestait son autorité depuis plusieurs mois et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires sur place.