Ethiopie: Mekele, la capitale du Tigré, touchée par des frappes aériennes

Par AFP

AFRICA RADIO

Les forces armées éthiopiennes ont mené lundi des frappes aériennes sur Mekele, la capitale de la région du Tigré, marquant une nouvelle phase dans la guerre fait rage depuis près d'un an, ont indiqué à l'AFP des sources humanitaires et diplomatiques.

Il s'agit des premières frappes aériennes connues sur Mekele depuis le début du conflit en novembre 2020. Mais des frappes ont depuis touché d'autres zones du Tigré. "Une frappe aérienne (touche) maintenant Mekele", a déclaré via SMS à l'AFP un responsable humanitaire s'exprimant sous couvert d'anonymat. Ces attaques ont été confirmées par une deuxième source humanitaire et deux diplomates. La première frappe a eu lieu dans la matinée à la périphérie de la ville près d'une usine de ciment, ont indiqué ces sources. La deuxième a eu lieu en milieu de journée près de l'hôtel Planet - par le passé été souvent utilisé par les responsables du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirigeait la région avant le début du conflit. Getachew Reda, porte-parole du TPLF, a déclaré sur Twitter que les forces fédérales avaient visé "des civils à l'intérieur et à l'extérieur de Mekele". "Le lundi est jour de marché à Mekele et l'intentionnalité est claire", a-t-écrit. Ces informations ne pouvaient être vérifiées de manière indépendante dans l'immédiat et des sources médicales n'étaient pas joignables pour donner des précisions sur d'éventuelles victimes. Des responsables éthiopiens contactés par l'AFP n'étaient pas joignables dans l'immédiat. Le 4 novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale au Tigré pour chasser les autorités du TPLF. Les forces fédérales avaient rapidement pris le contrôle de la majeure partie de la région. Mais fin juin, le TPLF a en repris l'essentiel puis a poursuivi son offensive dans les régions voisines Amhara et Afar afin de mettre fin à ce qu'elles décrivent comme un blocus humanitaire du Tigré. Depuis environ deux semaines, des sources rebelles et humanitaires rapportaient les signes d'une nouvelle offensive de l'armée fédérale, marquant une possible nouvelle étape dans ce conflit qui a plongé selon l'ONU des centaines de milliers de personnes dans la famine. La guerre a tendu les relations entre l'Ethiopie et ses partenaires occidentaux, notamment les Etats-Unis, un allié historique.