Ethiopie/Tigré: le parti d'Abiy Ahmed exige des négociations sous l'égide de l'UA

AFRICA RADIO

27 juin 2022 à 16h06 par AFP

Le parti du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a exigé lundi que seule l'Union africaine (UA) supervise les discussions de paix envisagées avec les rebelles de la région du Tigré, une option pourtant écartée par ces derniers.

"Le Comité central et le Comité exécutif du Parti de la Prospérité (PP) a tracé une ligne directrice pour la résolution pacifique du conflit dans le nord" de l'Ethiopie, a déclaré lundi le ministre éthiopien de la Justice, Gedion Timothewos, membre du Comité central du PP, cité par la radio-télévision d'Etat EBC. "Il a été décidé que le processus de paix ne peut être mené que par l'Union africaine", a-t-il expliqué, et ce processus devra "être conforme au cadre légal et constitutionnel et respecter les intérêts essentiels du pays". Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) en guerre contre le gouvernement fédéral de M. Abiy depuis novembre 2020 a d'ores et déjà implicitement rejeté mi-juin des discussions sous l'égide de l'UA, dénonçant "la proximité" du médiateur de l'UA, Olusegun Obasanjo, "avec le Premier ministre d'Ethiopie". Le TPLF s'est dit prêt à "des négociations hébergées et facilitées par le président du Kenya", Uhuru Kenyatta, à Nairobi et a fait état d'un "accord existant entre les parties" à ce sujet. M. Gedion a également implicitement averti qu'un échec des négociations entraînerait une reprise des hostilités. "Le processus de paix ne peut réussir si seule une partie le souhaite. Si le processus échoue, des instructions devront être données aux forces de sécurité pour répondre de manière appropriée", a-t-il affirmé. Abiy Ahmed a pour la première fois évoqué mi-juin de possibles futures négociations de paix avec le TPLF, révélant qu'un comité chargé du sujet avait été mis en place. Le choix du parrain des négociations n'est que l'une des nombreuses embûches qui se dressent sur la voie d'une solution négociée. Le conflit au Tigré a commencé en novembre 2020 quand M. Abiy y a envoyé l'armée fédérale pour déloger les autorités régionales, issues du TPLF, qui contestaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires sur place. Le conflit a fait de nombreux morts et plongé le Tigré au bord de la famine. Il a débordé courant 2021 dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar, jusqu'à une trêve décrétée fin mars. Depuis, les combats ont cessé mais la situation humanitaire reste catastrophique au Tigré.