Ethiopie: un organisme dénonce des exécutions sommaires après une attaque rebelle

AFRICA RADIO

17 juin 2022 à 18h37 par AFP

Les forces de sécurité éthiopiennes ont exécuté sommairement des habitants de Gambella (sud-ouest), capitale de la région éponyme, soupçonnés d'appartenir à la rébellion qui a attaqué la ville mardi, dénonce vendredi la Commission éthiopienne des droits humains (EHRC).

L'Armée de libération oromo (OLA), groupe rebelle actif dans la région voisine de l'Oromia - la plus peuplée du pays - et classé "organisation terroriste" par le gouvernement éthiopien depuis mai 2021, a revendiqué cette attaque et dit l'avoir menée avec un groupe armé local. Dans un communiqué, l'EHRC - organisme public, mais statutairement indépendant - dit avoir "été informée (...) que des habitants (de Gambella) étaient victimes de diverses violations des droits humains de la part des forces régionales de sécurité, dont des exécutions sommaires". "Via des récits de témoins et des preuves vidéo qu'elle a reçus, l'EHRC comprend que des individus suspectés d'avoir pris part à l'attaque (rebelle) ou d'en être complices ont été tués, notamment via des meurtres maison par maison", poursuit la Commission. Elle appelle "les forces de sécurité à ne pas user d'une force disproportionnée susceptible de causer la mort et à enquêter sur les faits illégaux commis par (elles-mêmes) et les porter devant la justice". Une vidéo, circulant vendredi sur les réseaux sociaux et dont l'authenticité n'a pu être confirmée dans l'immédiat, montre un homme, présenté comme étant d'ethnie oromo, les mains attachées dans le dos, abattu par plusieurs hommes, dont certains en tenue militaire, décrits comme des membres des forces de sécurité. Un porte-parole des autorités régionales de Gambella a assuré dans un communiqué que les "informations circulant sur les réseaux sociaux concernant une agression à caractère ethnique sont fausses". "Néanmoins, une enquête a montré que des membres des forces de sécurité avait une conduite non déontologique et des mesures légales ont été prises" à leur encontre, a-t-il indiqué, sans autre détail. Un porte-parole de l'OLA, Odaa Tarbii, a affirmé sur Twitter que onze civils avaient été tués à Gambella depuis l'attaque, accusant les forces de sécurité de s'être "lancées dans une équipée meurtrière ciblant quiconque est suspecté d'être Oromo".