Ethiopie: Washington appelle les rebelles du TPLF à "stopper leurs avancées" (département d'Etat)

Par AFP

AFRICA RADIO

Les Etats-Unis appellent les rebelles du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), qui affrontent depuis un an l'armée fédérale éthiopienne, à "stopper leurs avancées" dans le nord de l'Ethiopie, a indiqué samedi Ned Price, porte-parole du département d'Etat.

"Les Etats-Unis sont gravement préoccupés par l'expansion des combats dans le nord de l'Ethiopie", a-t-il précisé dans un communiqué. "Nous réitérons notre appel au Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF) à se retirer des régions d'Amhara et d'Afar, et à stopper ses avancées autour des villes de Dessie et de Kombolcha", a poursuivi Ned Price, en "exhortant le TPLF à ne pas utiliser l'artillerie contre les villes". Les rebelles du TPLF ont affirmé samedi avoir pris la localité stratégique de Dessie, en région Amhara, voisine du Tigré, ce qu'a démenti le gouvernement éthiopien. Des habitants ont toutefois indiqué à l'AFP voir des combattants du TPLF en ville, dont les troupes éthiopiennes se sont, selon eux, retirées après des combats. Si elle était confirmée, la chute de Dessie, où avaient convergé depuis des mois des milliers de personnes déplacées par les combats au Tigré, constituerait un revers de taille pour les autorités éthiopiennes, qui sont engluées dans ce conflit armé. "Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit, et toutes les parties doivent entamer des négociations pour permettre un cessez-le-feu", a ajouté le porte-parole du département d'Etat. Le nord de l'Ethiopie est en proie aux combats depuis près d'un an. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale au Tigré début novembre 2020 pour en chasser les autorités régionales dissidentes, issues du TPLF, qu'il accuse d'avoir orchestré des attaques contre des bases militaires. Après avoir gouverné de fait l'Ethiopie durant presque 30 ans, le TPLF a été progressivement écarté du pouvoir lorsque M. Abiy est devenu Premier ministre en 2018 et n'a cessé ensuite de défier l'autorité du gouvernement fédéral. Les hostilités ont provoqué de nombreux déplacements de populations, et les grandes organisations humanitaires dénoncent régulièrement les entraves à l'acheminement de l'aide au Tigré, soumise à ce que l'ONU qualifie de "blocus de facto". "Nous continuons à être alarmés par les informations faisant état d'un blocage délibéré de l'aide humanitaire dans le nord de l'Ethiopie", a affirmé Ned Price. "Jusqu'à 900.000 personnes vivent dans des conditions proches de la famine dans le Tigré, alors que le gouvernement restreint les approvisionnements humanitaires dont le besoin est urgent", notamment les médicaments ou le carburant, a-t-il conclu.