Etudiants enlevés et tués au Nigeria: deux suspects arrêtés un an après

AFRICA RADIO

19 mai 2022 à 11h51 par AFP

La police nigériane a annoncé avoir arrêté deux hommes soupçonnés d'être les responsables de l'enlèvement très médiatisé d'une vingtaine d'étudiants en avril 2021 dans le nord-ouest du Nigeria, et du meurtre de cinq d'entre eux.

"Ils ont tous deux avoué l'enlèvement des étudiants de l'université de Greenfield, dans l'Etat de Kaduna, et le meurtre de cinq étudiants avant le paiement d'une rançon et la libération des autres étudiants", a déclaré le porte-parole de la police Olumuyiwa Adejobi dans un communiqué mercredi soir. Les deux suspects, Aminu Lawal dit "Kano" et Murtala Dawu dit "Mugala", impliqués dans plusieurs cas d'enlèvements, vont être traduits en justice au terme de l'enquête, a ajouté M. Adejobi, qui n'a pas précisé quand, où, ni comment ils ont été arrêtés. En avril 2021, des hommes armés avaient pris d'assaut l'université de Greenfield à Kaduna, enlevé une vingtaine d'étudiants et tué un employé. Quelques jours après l'attaque, les ravisseurs avaient exécutés cinq otages pour forcer les familles et les autorités à payer une rançon, obtenue par la suite. Les 14 étudiants restants avaient ensuite été relâchés après 40 jours de captivité. Des bandes criminelles lourdement armées, les "bandits", multiplient les attaques dans le nord-ouest et le centre du Nigeria, pillant, enlevant et tuant de nombreux villageois. L'année dernière, les "bandits" ont particulièrement visé les écoles et universités pour enlever en masse des étudiants afin d'obtenir des rançons de leurs parents et des autorités. En tout, environ 1.500 élèves ont été enlevés en 2021 par des hommes armés, selon l'Unicef. Si la plupart des jeunes otages ont été depuis libérés contre rançon, certains restent toujours en captivité dans des forêts, repaires des groupes armés. Outre la lutte contre le banditisme, l'armée nigériane est déployée sur de multiples fronts, notamment dans le nord-est en proie à une insurrection jihadiste depuis plus de 10 ans, et dans le sud-est, où persistent des tensions séparatistes.