Experts de l'ONU tués en RDC: un journaliste demeure en détention après des témoignages

Par AFP

AFRICA RADIO

Des témoins ont confirmé mardi au procès du meurtre de deux experts des Nations unies en mars 2017, dans le centre de la RDC, les déclarations du journaliste congolais Sosthène Kambidi, qui reste toutefois en détention, malgré les protestations de son avocat.

A l'audience devant le tribunal militaire de Kananga, le vidéaste Israël Ntumba, l'avocat Prosper Kamalu et Roger Bushabu, un habitant de la localité de Bunkonde où avaient été tués les experts onusiens, ont reconnu avoir été en possession de la vidéo de leur exécution avant Sosthène Kambidi, a indiqué son avocat, Me Dominique Kambala. Depuis qu'il a été arrêté, le 20 septembre, la justice militaire cherche notamment à savoir comment Sosthène Kambidi est entré en possession de cette vidéo. Il a indiqué la semaine dernière au procès qu'il l'avait obtenue le 16 avril 2017 auprès de Prosper Kamalu. Celui-ci a précisé mardi avoir trouvé Roger Bushabu et Israël Ntumba le 15 avril en train de regarder une vidéo où on tirait sur un homme blanc et où on décapitait une femme, précisant que c'est le vidéaste qui la lui avait transmise, selon la même source. M. Kamalu a reconnu avoir montré la vidéo le dimanche 16 à Sosthène Kambidi, qui leur a conseillé d'alerter les autorités, se chargeant de téléphoner au gouverneur intérimaire du Kasaï central de cette époque. "Malgré ces témoignages, la situation de mon client Sosthène Kambidi n'a pas changé. On l'a renvoyé à l'auditorat (parquet) militaire où il est privé de sa liberté de mouvement. Il ne peut pas rejoindre sa famille alors qu'il n'a jamais été inculpé et que sa santé s'est dégradée", a déploré son avocat, qui a de nouveau demandé formellement cette semaine la libération de son client. La prochaine audience est fixée à jeudi. Correspondant au Kasaï central de l'AFP et du site congolais d'information Actualite.cd, Sosthène Kambidi, également collaborateur occasionnel de RFI, a été arrêté le 20 septembre à Kinshasa, puis transféré à Kananga, chef-lieu de la province. Selon la version officielle des autorités de l'époque, les deux experts, Michael Sharp, de nationalité américaine et la Suédoise Zaida Catalan, ont été exécutés le 12 mars 2017 par des miliciens de la secte Kamuina Nsapu, alors en guerre contre l'armée régulière. Ce crime est aussi entouré de soupçons de duplicité de la part d'agents de l'État.