Fermeture des frontières: le Malawi dénonce de "l'afrophobie"

Par AFP

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Les restrictions de voyage imposées à l'Afrique australe par de nombreux pays occidentaux après l'annonce de la détection d'un nouveau variant du Covid, baptisé Omicron, relève de "l'afrophobie", a dénoncé dimanche le président du Malawi, Lazarus Chakwera.

M. Chakwera, qui assure actuellement la présidence tournante de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC, seize pays) affirme sur sa page Facebook que les "restrictions unilatérales de voyage imposées aux pays de la SADC par la Grande-Bretagne, l'Union européenne, les Etats-Unis, l'Australie et d'autres n'ont pas lieu d'être". "Nous sommes tous inquiets au sujet du nouveau variant du Covid et nous devons remercier les chercheurs sud-africains qui l'ont identifié avant quiconque", déclare le président. "Mais les décisions concernant le Covid doivent s'appuyer sur des faits scientifiques, pas sur de l'afrophobie". Le nouveau variant a été classé "préoccupant" par l'OMS, qui a pourtant déconseillé les restrictions sur les voyages, estimant qu'il faudra "plusieurs semaines" pour comprendre la virulence d'Omicron. L'organisation a appelé dimanche à ce que "les frontières restent ouvertes", se tenant "aux côtés des pays africains". Après l'annonce jeudi par des chercheurs sud-africains sur la détection du nouveau variant, de nombreux pays ont très vite annoncé des restrictions drastiques de voyage pour isoler l'Afrique du sud et d'autres pays du continent. En Afrique australe, seul l'Angola a annoncé dimanche la suspension des liaisons aériennes avec la plupart de ses voisins. Dans une adresse télévisée, le président d'Afrique du Sud Cyril Ramaphosa a appelé dimanche soir les pays ayant imposé des restrictions de voyage à leur "levée immédiate et urgente", les jugeant dépourvues de "justification scientifique" alors que sont les scientifiques sud-africains qui ont découvert et alerté en toute transparence, au sujet d'Omicron. Lors d'un point-presse au Botswana en fin de journée, le ministre des Affaires érangères Lemogang Kwape, sans citer l'Angola, a plaidé dimanche pour la "solidarité" régionale. "Nous ne voulons pas géo-politiser ce virus", a-t-il affirmé.