Fin du statut de réfugié pour les Ivoiriens: le pays a "tourné la page"

AFRICA RADIO

20 juin 2022 à 18h06 par AFP

Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré officiellement lundi la fin de ce statut pour les Ivoiriens, un signe que le pays a "tourné la page" des conflits de la décennie précédente notamment.

"La cessation de statut est un geste qui a une valeur juridique car les personnes qui restent à l'étranger ne sont plus des réfugiés. Mais cela a aussi une valeur symbolique importante, car cela indique que le pays a tourné la page", a indiqué Filippo Grandi à l'AFP, lors de sa visite en Côte d'Ivoire. "C'est le dernier acte de la fin" de ces crises, a-t-il ajouté, à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés. La mesure, qui prendra effet officiellement le 30 juin, concerne encore quelques dizaines de milliers d'Ivoiriens qui avaient notamment fui le pays vers d'autres Etats de la sous-région, à l'occasion de la violente crise post-électorale de 2010-2011. Le HCR avait estimé en septembre l'an dernier que les Ivoiriens n'avaient, sauf exception, plus à bénéficier de protection internationale. Sur les 325.000 réfugiés, 310.000 sont déjà rentrés volontairement dans leur pays, a rappelé M. Grandi. "Partout dans le monde on voit plutôt le contraire. Je suis venu ici pour montrer l'exception et dire que c'est possible de le faire s'il y a une volonté politique", a-t-il déclaré, à l'heure où le HCR dénombre plus de 100 millions de réfugiés ou déplacés dans le monde. La Côte d'Ivoire a amorcé ces dernières années un processus de réconciliation, avec par exemple le retour de l'ancien président Laurent Gbagbo au pays en juin 2021, après son acquittement par la justice internationale de crimes contre l'humanité lors de la crise de 2010-2011. M. Grandi s'est toutefois dit "très angoissé" par la situation dans les pays sahéliens voisins, en particulier le Burkina Faso, où près de deux millions de personnes sont déplacées en raison des violences jihadistes meurtrières qui le frappent régulièrement. "Je crois que la communauté internationale n'a pas encore trouvé la bonne réponse pour appuyer les gouvernements de la région", a-t-il estimé. "Bien sûr, il y a une réponse sécuritaire à donner face au terrorisme. Mais la fixation quasi exclusive sur cette réponse sécuritaire nous a empêché de donner d'autres réponses qui sont également importantes, notamment combler les lacunes dans les développements de la région qui sont aussi à la base de la croissance de la pauvreté et donc du terrorisme", a-t-il poursuivi.

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