France: l'auteur d'un attentat avorté demande pardon pour le meurtre d'une femme

Par AFP

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L'étudiant algérien Sid-Ahmed Ghlam, jugé en appel pour le meurtre d'une jeune femme et un attentat avorté contre une église en région parisienne en avril 2015, a demandé pardon jeudi à la famille de la victime, sans toutefois reconnaître son assassinat.

"Je veux dire pardon à la famille d'Aurélie Chatelain, pardon mille fois, ça vient vraiment du coeur", a affirmé l'accusé invité à s'exprimer devant la cour d'assises spéciale avant que les juges se retirent pour délibérer. Le verdict est attendu dans la soirée. La peine maximum, soit la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans et d'une interdiction définitive du territoire à l'issue de sa peine, a été requise à son encontre. Au cours de son procès en appel, Sid-Ahmed Ghlam, 30 ans, a reconnu s'être rendu en Syrie en octobre 2014 et février 2015 pour y rencontrer des cadres de l'Etat islamique. Il a également admis qu'il comptait bien commettre un attentat meurtrier contre une église de Villejuif, au sud-est de Paris. Mais, il a nié être l'assassin d'Aurélie Chatelain, une mère de famille de 32 ans, tuée sur un parking de Villejuif le 19 avril 2015. Comme en première instance, l'ancien étudiant en informatique a soutenu qu'un mystérieux complice, dont les enquêteurs n'ont trouvé aucune trace, avait tué la jeune femme. Seuls le sang et l'ADN de Sid-Ahmed Ghlam ont été retrouvés sur la scène de crime. Après l'assassinat, M. Ghlam s'était accidentellement blessé à la cuisse en remettant son arme à la ceinture. Cette blessure l'a contraint à renoncer à son projet d'attentat contre l'église. Au cours de son procès en appel, il a admis que le plan était de tuer des paroissiens et pas seulement de leur "faire peur", comme il l'avait affirmé lors de son premier procès. Parmi ses co-accusés, Rabah Boukaouma, considéré par l'accusation comme le "logisticien en chef" de l'opération, a salué "le courage et la dignité" de la famille d'Aurélie Chatelain. "Je n'ai jamais voulu la mort de personne, ni d'Aurélie Chatelain ni de paroissiens", a-t-il dit. "Je ne suis pas complice d'un projet de tuerie", a-t-il soutenu tout en reconnaissant "un manque de discernement". M. Boukaouma a été condamné à 30 ans de réclusion dont une période de sûreté des deux-tiers en première instance. Les avocats généraux ont souhaité que la cour d'assises spéciale confirme cette sentence en appel.