France: l'héritage, notamment algérien, fil rouge d'un festival de cinéma à Marseille

AFRICA RADIO

23 mars 2022 à 9h36 par AFP

Les Rencontres internationales de cinéma Aflam proposent à partir de jeudi à Marseille, dans le sud de la France, une quarantaine de films venus des pays arabes, avec un focus particulier sur l'Algérie au travers notamment d'images d'archives et d'un hommage au réalisateur Merzak Allouache.

Après deux années contrariées en raison de la pandémie de Covid, la neuvième édition "est plus ancrée dans le passé, l'héritage, le patrimoine du cinéma", explique Charlotte Deweerdt, membre de la direction artistique du festival que l'association Aflam ("films" en arabe) organise depuis 2013 dans la deuxième ville de France. L'idée de ce festival non compétitif, qui se tient jusqu'au 3 avril, est de "prioriser tous les films qui nous viennent des pays arabes", courts comme long métrages, anciens ou plus récents mais "on essaye aussi d'avoir une belle présence de films documentaires, car c'est toujours un espace où les inventions de formes sont plus à l'oeuvre", détaille-t-elle. "Nous souhaitons aussi soutenir des premiers films qu'on pense importants comme celui d'Omar Belkacemi, +Rêve+, qui est un des rares premiers films en langue amazighe" (une langue berbère, NDLR), poursuit-elle. L'hommage en cinq films rendu au cinéaste algérien Merzak Allouache, une référence pour toute une génération de jeunes réalisateurs du pays, constituera l'un des autres temps forts du festival, avec une master class organisée en sa présence dans le centre de Marseille. Dans la ville, port d'accueil méditerranéen, le public pourra, lors des débats, "poser sa question dans la langue qui est la sienne", insiste Mme Deweerdt : "une invitation à ce que les publics marseillais puissent aussi redécouvrir une partie de leurs origines qui peuvent être de la rive sud de la Méditerranée". Parmi les autres fils rouges de l'événement sera inauguré un nouveau cycle autour du cinéma de patrimoine. Il mettra à l'honneur le combat des Algériens à l'occasion des 60 ans de l'indépendance du pays, ainsi que la résistance des Palestiniens, et présentera enfin le travail des premières femmes documentaristes de la région. L'Arabie saoudite et la Syrie tiendront aussi une place de choix: "en Arabie saoudite, une production de fictions démarre depuis quelques années de façon assez remarquable" tandis que la création syrienne "mobilise désormais dans la narration davantage la théâtralité, alors qu'avant c'était des films sur la guerre ou des films de témoignages", note-t-elle.