Gabon : "Je n’exclus pas l'idée d'être candidat à la présidentielle de 2023" - Pierre-Claver Moussavou

Par Lilianne Nyatcha /Africa Radio Paris

Pierre-Claver Maganga Moussavou

Nommé en 2017 vice-président de la république gabonaise, Pierre Claver Maganga Moussavou, président du Parti social démocrate (PSD) a été limogé deux ans après, en 2019 du gouvernement. Il répond aux questions de Lilianne Nyatcha.

Depuis votre limogeage, vous avez été discret. C’est un retrait volontaire ou plutôt du recul ?

C’est à la fois du recul et un retrait volontaire. Parce quand on est un homme d'état, on prend beaucoup de coups. On doit savoir à un moment donné, prendre du recul, réfléchir et attendre aussi la réaction du président de la république qui était en difficulté, comme on le sait, malade. Ce n’est pas à ce moment-là que je devais hausser le ton. Et donc, j'ai attendu jusque-là pour que le chef de l'Etat reprenne ses esprits et m'appelle pour qu'on discute de ce qui s'est passé.

On sait que vous n’avez jamais été vraiment loin du pouvoir gabonais, et aussi que vous avez été du côté de l’opposition à un moment donné. Ce recul vous a-t-il permis de vous repositionner politiquement ? 

Tout le monde se trompe sur ma position. Je suis gabonais, j’ai été faire des études payées par le Gabon pour que je travaille pour mon pays et, c’est ce que j'ai toujours fait. Je suis de l'opposition, j’ai créé un parti. Si j’ai créé ce parti, c'est pour ne pas être dans un tout autre parti et aussi pour avoir la liberté de m'exprimer, d'exprimer mes idées pour l'intérêt de mon pays.

Lorsque l'occasion m'est donnée de travailler au sein du gouvernement, tout le monde est conscient, du moins ceux qui ont une honnêteté intellectuelle, que j’ai toujours donné le meilleur de moi-même pour mon pays.

Vous avez accepté en 2017 d'être le vice-président de Ali Bongo alors que vous étiez membre de l'opposition. Avec du recul, ne pensez-vous pas que faire ces allers et retours (de l’opposition au gouvernement) vous a peut-être desservi politiquement ?

C'est possible. C'est la vision de chacun, mais je ne pense pas que je fais des allers retours. A l'issue des accords d’Akanda, un vice-président issu de l'opposition devait être nommé. C’est sans doute parce qu’on ne sait pas interpréter la situation politique du Gabon qu'on peut penser que c’est Maganga Moussavou qui est allé dans la majorité. D’une situation, naissent toujours des accords. Et il est admis que c’est toujours quelqu’un de l’opposition… 

Une ville morte pour protester contre l'obligation vaccinale contre la covid-19 a été lancée par la société civile, des syndicats et un regroupement de partis politiques ce mercredi. Elle a été relativement suivie. Avez-vous soutenu ou soutenez-vous cette action de protestation ?

J’ai dit au cours du forum de presse, que j'organise quasiment tous les mois, que le premier ministre, chef du gouvernement gagnerait à revenir sur sa décision de faire payer les tests covid pour les moins nantis à 20.000 francs Cfa (40 euros) et pour les VIP à 50.000 francs Cfa (76 euros).  On ne peut pas vouloir quelque chose et son contraire, on ne peut pas vouloir protéger les populations, du moins celles qui refusent de se faire vacciner. 

Elle est libre, ce qui veut dire qu’il ne faut pas la contraindre à faire des tests en demandant cher puisque ce sont des personnes qui n'ont pas suffisamment d'argent. J'ai donc demandé instamment au premier ministre de revenir sur sa décision, une décision qui est contre-productive.

Candidat à la présidentielle de 2023. Oui ou non ?

Je pense qu'il est un peu tôt pour que je me prononce. Je n’exclus pas cette idée. Je prends juste le temps de la mûrir.

Pierre Claver Maganga Moussavou