Guerre civile au Liberia : le chef rebelle Gibril Massaquoi libéré 

Gibril Massaquoi

17 février 2022 à 14h13 par Karidja Konaté / Africa Radio Abidjan

Le sierra-léonais Gibril Massaquoi, chef rebelle durant la guerre civile du Liberia a été libéré mercredi par la justice finlandaise. Il était en détention depuis 2020.

Si elle a pris en compte "la gravité exceptionnelle et le nombre d'actes" pour lesquels l'accusé est poursuivi, la cour saisie de sa demande de libération constate que sa détention provisoire "dure depuis environ deux ans,
ce qui peut être considéré comme une période exceptionnellement longue" et que les faits reprochés remontent à plus de 20 ans.

"En ayant pris en compte tous ces éléments", le tribunal de Pirkanmaa"considère que le maintien en détention de M. Massaquoi serait déraisonnable et qu'il doit être relâché immédiatement dans l'attente du verdict", selon sa
décision.

Au terme d'un très rare procès relatif à la sanglante guerre civile au Liberia, marqué par une délocalisation inédite dans le pays d'Afrique de l'Ouest, le procureur finlandais avait réclamé une peine de prison à
perpétuité. Le procureur chargé de l'affaire, Tom Laitinen, a qualifié la décision de "surprise" et confirmé que l'accusé serait libéré ce mercredi. 

"Il est libre et attend la décision du tribunal sur le fond. Il est librecomme n'importe qui d'autre, nous ne lui avons pas imposé de restrictions", a expliqué selon l'AFP le juge Juhani Paiho. Jugé pour une série de
meurtres, viols et actes de torture perpétrés au Liberia entre 1999 et 2003, par lui-même ou par des rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) sous ses ordres, Gibril Massaquoi va attendre le verdict où il encourt la perpétuité prendra en mars ou avril. 

Il vit en exil en Finlande depuis 2008 et y a été arrêté en 2020 après la mobilisation d'ONG. 

Surnommé "l'Ange Gabriel", il était alors un haut responsable de ce groupe armé sierra-léonais dirigé par le caporal Foday Sankoh, proche de l'ex-chef deguerre libérien devenu président, Charles Taylor.

Durant son procès, marqué par la difficulté d'établir les preuves, l'homme a rejeté toutes les accusations et affirmé qu'il n'était pas au Liberia au moment des faits, .