Guinée: accrochages entre forces de l'ordre et partisans du président déchu

Par AFP

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Les forces de sécurité guinéennes ont dispersé samedi à l'aide de gaz lacrymogène quelques dizaines de supporteurs de l'ex-président déchu Alpha Condé, premier accrochage du genre depuis le putsch de septembre, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Ces partisans de M. Condé avaient annoncé il y a quelques jours leur intention de manifester au siège du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), le parti de M. Condé, près de l'aéroport de Conakry, pour réclamer qu'il soit libre de ses mouvements. Mais ils sont tombés sur des policiers et gendarmes qui quadrillaient le secteur à leur arrivée dans la matinée, et des échauffourées ont éclaté. Il s'agit de la première confrontation physique entre sympathisants de M. Condé et forces de sécurité depuis qu'il a été renversé le 5 septembre par des soldats sous la conduite du colonel Mamady Doumbouya. M. Condé, 83 ans, à la tête du pays pendant près de 11 ans, a été détenu au secret pendant douze semaines, jusqu'à ce que la junte l'autorise à résider chez son épouse dans la banlieue de Conakry. Il est en résidence surveillée selon la presse. Les Guinéens, exaspérés par la pauvreté, la corruption et la répression, ont globalement accueilli favorablement le coup d'Etat. Le colonel Doumbouya, investi président de transition entre-temps, a promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections dont la date reste inconnue. Sans les nommer, le colonel Doumbouya a adressé une ferme mise en garde aux anciens partisans de M. Condé, aux anciens "barons" du régime, selon ses mots, et à ceux qui troubleraient ce qu'il appelle ses efforts de "rassemblement". Un sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) doit se tenir dimanche au Nigeria pour examiner notamment la situation en Guinée et au Mali, deux pays membres où des coups d'Etat ont eu lieu ces derniers mois.