Guinée: heurts entre partisans de l'ex-Premier ministre et forces de sécurité

AFRICA RADIO

28 février 2022 à 15h06 par AFP

Des heurts ont opposé, lundi à Conakry, forces de sécurité et partisans de l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, à qui les militaires au pouvoir ont ordonné, ainsi qu'à une autre figure politique, de quitter leurs maisons, a constaté un correspondant de l'AFP.

Ce sont les premiers incidents du genre depuis que des militaires sous le commandement du colonel Mamady Doumbouya ont renversé le président Alpha Condé le 5 septembre 2021. Des centaines de jeunes partisans de M. Diallo ont lancé des pierres contre les forces de l'ordre à Ratoma, l'une des communes constituant la capitale guinéenne, où se trouve le siège de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti de M. Diallo. Les policiers ont répondu par des jets de gaz lacrymogène, tandis que la circulation était limitée sur l'axe principal du quartier. Cette banlieue de Conakry a été à partir d'octobre 2019 et pendant des mois le théâtre d'une contestation violente de la part des supporteurs de l'UFDG contre la présidence Condé. Cette fois, l'élément déclencheur des troubles a été la décision des nouvelles autorités, enjoignant le 15 février à M. Diallo de quitter au plus tard ce lundi son domicile situé à Dixinn, un quartier de la capitale. L'administration a entrepris la même démarche à l'encontre de l'autre grande personnalité politique guinéenne en dehors du pouvoir, Sidya Touré, autre ancien chef de gouvernement. L'administration affirme que ces biens appartiennent au domaine public. M. Diallo affirme que son domicile est un bien privé qui lui a été vendu par l'Etat en 2005. Il a toutefois quitté les lieux lundi, a constaté un journaliste de l'AFP. Sidya Touré a fait de même de son côté, a rapporté la presse guinéenne. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des gendarmes casqués et armés se rendant chez lui pour constater qu'il s'était plié à l'injonction. M. Diallo dénonce un "acharnement" le visant, ainsi que son parti. M. Diallo est par ailleurs visé par une enquête pour "corruption et enrichissement illicite" lors de la liquidation de la défunte compagnie aérienne nationale en 2002. Il réfute ces accusations.