"Je suis toujours là !" - Omar Pène

Par Lilianne Nyatcha /Africa Radio Paris

Omar Pene

Alors que les avis sont encore partagés sur la réalité du réchauffement climatique dans le monde, l’artiste sénégalais en est convaincu : c’est une réalité. En prenant l’exemple sur la situation décadente de Saint-Louis dans son pays, il sort un album disponible sur le marché depuis 5 mois sur le sujet. Il en parle avec Lilianne Nyatcha.

Quel accueil le public a-t-il fait à votre dernier album très engagé intitulé "Climat" ?

Disons que la version digitale de l’album est sorti au mois de juillet et la version physique est sur le marché il y a à peine une semaine.  Le thème principal qu’il aborde est le climat, devenu très important dans l'actualité.  Il comporte 9 titres et on a eu quand même un retour assez extraordinaire, d'autant plus que les gens ne s’attendaient pas à m’entendre après 8 ans sans sortie.

Pourquoi justement avoir attendu 8 ans pour enfin sortir maintenant avec "Climat"? 

Parce qu'entre temps j’étais alité. Mais il a fallu redémarrer et essayer de retrouver mon énergie et ma voix tout en prenant du repos encore une fois. 

Et maintenant, vous nous rassurez sur votre état de santé ?

Oui, aujourd’hui tout va très très bien. La preuve je suis sur scène depuis un bon bout de temps à Dakar. Et pour les prochaines dates à Paris, les gens verront que je suis toujours là. 

Pourquoi avoir décidé de produire sur le thème du climat ? 

Le climat est une problématique mondiale. Il concerne tout le monde et, en tant qu’africains, nous sommes tout aussi responsable même si notre continent pollue le moins. 4% contrairement aux autres continents. Cependant, je pense qu’il faut créer de l’engouement autour du sujet chez nous afin que nos voix soient entendues à l’occasion des rassemblements mondiaux comme la COP. 

Comprenez que le réchauffement climatique aujourd'hui n’épargne personne. Il n’a pas d’identité. C’est en tant que citoyen du monde et aussi leader d'opinion, que j’ai décidé de porter ma voix.

Dans l’album, vous insistez sur le sort de Langue De Barbarie à Saint-Louis où des gens souffrent énormément des conséquences du réchauffement climatique…

Ah oui ! L’océan est en train de récupérer certaines habitations dans la Langue De Barbarie. C’est un phénomène qui inquiète énormément. Il faut dépasser la conception des climatologues sceptiques qui remettent encore en cause le réchauffement climatique.

Il s’agit donc pour moi, de porter la bonne parole et éventuellement de sensibiliser les gens pour qu'ils prennent conscience du fait que le réchauffement climatique est une réalité.

Comment appréciez-vous le niveau d'engagement du gouvernement du Sénégal dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

On en parle mais, je trouve qu’il faudrait une plus grande prise de conscience. Aujourd’hui, il s’agit de La Langue de Barbarie mais après ça peut toucher d'autres secteurs tels que la pêche qui est très importante au Sénégal du fait que c’est un pays côtier. Par exemple, quand je quittais Dakar il y a une semaine, il faisait au moins 33 degrés. Chose inhabituelle. Tout le monde se plaignait de cette chaleur.

Vous êtes en France actuellement pour une série de concerts qui démarre ce 10 novembre pour prendre fin le 19…

Oui, et le public découvrira en live, l’album. L’objectif c’est de lui offrir la primeur de cette dernière œuvre. Il va aussi pouvoir écouter en live certains titres du prochain album, parce qu'on en a fait deux. L’un étant sur le marché, alors que l’autre est encore en gestation. C’est la grande surprise pour Paris, où je ne me suis pas produit depuis longtemps.

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