L'Egypte condamne à mort 10 jihadistes

AFRICA RADIO

28 juin 2022 à 17h51 par AFP

La justice égyptienne a condamné à mort 10 jihadistes pour "terrorisme", a affirmé mardi une source judiciaire à l'AFP, un procès critiqué par Amnesty International.

L'Egypte avait procédé en 2021 au troisième plus grand nombre d'exécutions au monde, selon Amnesty qui a qualifié dans un communiqué publié mardi le procès de ces jihadistes "d'insulte à la justice" en raison de "procédures manifestement iniques". Tous les condamnés mardi, accusés d'être liés au groupe jihadiste connu sous le nom des "brigades de Helwan", ont été reconnus coupables d'actes de "terrorisme" et d'avoir notamment "ouvert le feu sur un véhicule de police" pour des faits remontant entre 2013 et 2015, selon la source judiciaire. Dans la même affaire, 205 personnes ont été condamnées mardi à des peines de prison allant de 10 ans à la perpétuité. Après le renversement par l'armée en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, les attaques contre forces de sécurité et représentants de l'Etat s'étaient multipliées. Elles se sont concentrées dans la péninsule du Sinaï, où une insurrection est aujourd'hui en perte de vitesse. Depuis 2013, l'Egypte dirigée par Abdel Fattah al-Sissi a condamné des centaines de jihadistes, d'islamistes ou d'opposants à la peine capitale, souvent lors de procès de masse condamnés par la communauté internationale. Avec plus de 60.000 détenus d'opinion selon des ONG, ce pays est régulièrement montré du doigt pour son bilan des droits humains, "catastrophique" selon Amnesty. "Il s'agit d'un procès de masse réunissant plus de 200 personnes", a ajouté Amna Guellali, directrice régionale adjointe de l'ONG, citée dans le communiqué d'Amnesty; "Les autorités doivent annuler le verdict et ordonner la libération des détenus, dont la plupart sont en détention provisoire depuis plus de deux ans, en violation de la loi égyptienne", ajoute l'organisation de défense des droits humains. M. Sissi insiste de son côté sur le fait que l'éducation, la santé ou l'électricité sont des droits plus nécessaires que celui, par exemple, de rassemblement, quasiment interdit dans le pays.