L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental en Mauritanie

AFRICA RADIO

17 janvier 2022 à 19h06 par AFP

L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, était lundi en Mauritanie au lendemain d'une visite à Tindouf (Algérie), dans le cadre de sa première tournée régionale depuis sa prise de fonctions, a déclaré le porte-parole de l'organisation, Stéphane Dujarric.

"Aujourd'hui, il se trouve à Nouakchott où il rencontrera des responsables mauritaniens et, plus tard cette semaine, il doit se rendre à Alger pour rencontrer des responsables algériens", a déclaré le porte-parole lors de son point-presse quotidien. Dimanche, l'émissaire avait rencontré le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, à Tindouf en Algérie, selon l'agence de presse algérienne APS. Lors d'une visite d'un camp de réfugiés sahraouis, Staffan de Mistura s'est retrouvé en présence "d'une vaste foule", a indiqué Stéphane Dujarric. "Il n'a pas vu tout le monde mais n'a certainement pas repéré des enfants-soldats comme certains l'ont rapporté", a-t-il souligné sans autre détail. La question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole considérée comme un "territoire non autonome" par l'ONU, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario soutenus par Alger. Ce vaste territoire désertique au riche sous-sol est situé aux confins du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce territoire, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU, prévu lors de la signature en 1991 d'un cessez-le feu mais jamais concrétisé. Pour Rabat, la relance des négociations, suspendues depuis 2019, doit s'inscrire dans le cadre de "tables rondes" réunissant le Maroc, le Polisario mais aussi l'Algérie et la Mauritanie. Alger est opposé à une reprise de pourparlers sous cette forme. La tournée régionale de l'émissaire onusien --la première depuis son entrée en fonctions en novembre-- se déroule dans un contexte de vive rivalité entre Rabat et Alger. Elle avait débuté mercredi dernier dans la plus grande discrétion à Rabat qui a réitéré son soutien à la reprise du "processus politique" sous l'égide de l'ONU pour régler le conflit.