L'Ethiopie affirme avoir pris aux rebelles une ville du Tigré

Par AFP

AFRICA RADIO

Le gouvernement éthiopien a affirmé mercredi que ses troupes avaient pris aux rebelles une ville du Tigré, la première avancée territoriale depuis de nombreux mois au sein de cette région en proie à un sanglant conflit.

"Les vaillantes forces de défense éthiopiennes et les forces de sécurité de la région Amhara, après avoir balayé les forces ennemies, ont capturé la ville d'Alamata", a annoncé le service de communication du gouvernement dans un communiqué. Cette annonce intervient deux jours après que les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui avaient avancé ces derniers mois dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar, ont dit s'être repliés dans leur région. Bien que non confirmé, le retrait des rebelles d'Amhara et d'Afar avait fait naître l'espoir de possibles négociations pour mettre fin à un conflit de plus d'un an. Lundi, le gouvernement avait néanmoins déclaré que l'annonce du TPLF servait à masquer des déconvenues militaires. La guerre a éclaté en novembre 2020 après que le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale dans la région septentrionale du Tigré afin d'en destituer les autorités locales, issues du Front de libération du peuple du Tigré, qui défiaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. Abiy Ahmed avait proclamé la victoire trois semaines plus tard, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais en juin, le TPLF a repris l'essentiel du Tigré, puis progressé dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara. Depuis fin octobre, les deux parties revendiquent chacune des avancées territoriales majeures mais les communications sont coupées dans les zones des combats et l'accès des journalistes y est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des positions sur le terrain. Pendant un temps, les rebelles affirmaient se trouver à environ 200 km de la capitale Addis Abeba. Fin novembre, les médias d'Etat avaient annoncé l'arrivée sur le front du Premier ministre Abiy Ahmed, un ancien lieutenant-colonel de l'armée, pour y diriger une "contre-offensive". Le gouvernement a ensuite revendiqué plusieurs victoires. Le conflit a fait plusieurs milliers de morts, plus de deux millions de déplacés et plongé des centaines de milliers d'Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.