L'Ethiopie ne reculera pas dans la "guerre existentielle" contre les rebelles tigréens

Par AFP

AFRICA RADIO

L'Ethiopie ne reculera pas dans la "guerre existentielle" qui l'oppose depuis un an aux rebelles tigréens dans le nord du pays, a affirmé jeudi le gouvernement, semblant refuser les appels internationaux à un cessez-le-feu.

"Ce pays ne cède pas face à la propagande étrangère ! Nous menons une guerre existentielle !", a déclaré le service de communication du gouvernement dans un communiqué publié sur Facebook, quelques jours après que les rebelles ont affirmé avoir progressé vers la capitale Addis Abeba. Ce texte à tonalité belliqueuse est publié au premier jour de la visite de l'émissaire américain pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, destinée à promouvoir une solution pacifique au conflit. Le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire le 28 novembre 2020, trois semaines après avoir envoyé l'armée dans la région la plus septentrionale du pays pour y destituer les autorités régionales dissidentes issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Un an jour pour jour après le début de l'offensive, le conflit a gagné les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara, l'état d'urgence a été déclaré dans tout le pays et le TPLF affirme être désormais à quelques centaines de kilomètres d'Addis Abeba. Débuté en novembre 2020, le conflit au Tigré connaît un spectaculaire revirement ces derniers mois. Mercredi, le TPLF a revendiqué la prise de Kemissie, à 325 kilomètres au nord de la capitale, où il a rejoint des combattants de l'Armée de libération oromo (OLA), groupe armé de l'ethnie oromo, implanté en Oromia, la plus grande région d'Ethiopie qui entoure Addis Abeba. Un porte-parole de l'OLA a affirmé mercredi à l'AFP que la capitale pourrait tomber en quelques semaines. Mais jeudi, le gouvernement a au contraire affirmé que le TPLF était "encerclé" et proche de la défaite. "Un rat qui s'éloigne loin de son trou se rapproche de la mort", peut-on lire dans ce communiqué, dans une référence apparente à l'offensive du TPLF hors de sa région. "Nous devons tous nous unir (...) pour faire taire nos ennemis ivres de victoires temporaires. Ensemble, nous repousserons les desseins de nos ennemis historiques", poursuit le texte. "Notre peuple, prenant conscience que nous sommes dans le dernier chapitre du sauvetage de l'Ethiopie, doit continuer sa lutte héroïque", ajoute-t-il. Jeudi également, l'agence humanitaire américaine USAID a mis en garde contre une marche des rebelles sur Addis Abeba, qui viendrait aggraver une situation humanitaire déjà désastreuse. Plus de 400.000 personnes sont au bord de la famine au Tigré, soumis à un blocus "de facto" selon l'ONU.