L'ONU se dote d'un émissaire pour le Sahara occidental après plus de deux ans de recherches infructueuses

Par AFP

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Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a nommé mercredi un vétéran de l'Organisation, l'Italien Staffan de Mistura, 74 ans, comme nouvel émissaire pour le conflit au Sahara occidental, après le rejet depuis mai 2019, date à laquelle le poste était devenu vacant, d'une douzaine de candidats par le Maroc ou le Front Polisario.

En annonçant cette nomination, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, s'est félicité d'un "signal positif" après plus de deux ans de recherche d'un candidat et "13 noms" proposés par le chef des Nations unies aux deux parties au conflit. Treizième de la liste, Staffan de Mistura, rejeté en mai par le Maroc qui a fait machine arrière récemment pour finalement l'accepter - sous pressions américaines selon des diplomates -, doit prendre ses fonctions le 1er novembre. Il sera basé à Bruxelles où il réside, selon l'ONU. La mission de paix Minurso au Sahara occidental, objet d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité le 13 octobre, doit être renouvelée le 27 octobre, a priori pour un an. Fort de "plus de 40 ans d'expérience en diplomatie et affaires politiques", selon les termes d'un communiqué de l'ONU, le nouvel émissaire succède à l'ex-président allemand Horst Köhler, démissionnaire en mai 2019 après avoir relancé des discussions entre le Maroc et le Polisario, en présence de l'Algérie et de la Mauritanie, mais qui n'avaient abouti à aucun résultat tangible. Parlant anglais, français, allemand, italien, espagnol, suédois et arabe, Staffan de Mistura a notamment été au cours de sa carrière l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie (2014-2018) et le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Irak (2007-2009) et en Afghanistan (2010-2011). La question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole, considérée comme un "territoire non autonome" par l'ONU en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce vaste territoire désertique au riche sous-sol et bordant des eaux poissonneuses, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté. Soutenu par l'Algérie, le Polisario, lui, réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU qui avait été prévu lors de la signature d'un cessez-le-feu en septembre 1991 mais qui n'a jamais été mis en oeuvre.