La Côte d'Ivoire impose des périodes de fermetures de pêche en mer

AFRICA RADIO

25 mai 2023 à 14h51 par AFP

La Côte d'Ivoire, important pays africain exportateur de thon, va instaurer des périodes de fermeture de pêche en mer pour freiner la baisse du nombre de poissons, notamment début 2024 pour les navires thoniers majoritairement étrangers.

"Face à la menace que constitue la baisse continue des ressources halieutiques marines", le ministère "a pris l'initiative d'instaurer un repos biologique annuel dans les zones marines de Côte d'Ivoire", a annoncé jeudi lors d'une conférence de presse le ministre des Ressources animales et halieutiques Sidi Tiémoko Touré. La mesure sera appliquée pendant trois périodes, pour différents types de pêches : du 1er juillet au 31 juillet pour "les unités de pêche artisanale", du 1er juillet au 31 août pour "les unités industrielles et semi-industrielles" et du 1er janvier au 13 mars 2024 pour les navires thoniers, majoritairement étrangers selon le ministre. Le mesure prévoit également "l'organisation de patrouilles en liaison avec la marine nationale, couvrant toute la Zone économique exclusive (ZEE) de la Côte d'Ivoire", soit 200.000 km³, "l'information et la sensibilisation" des acteurs du milieu de la pêche et "la mise en place d'un comité de suivi" pour évaluer les effets de la réglementation, a indiqué M. Touré. Les poissons dont Abidjan veut protéger la ressource sont notamment les sardinelles, les anchois, les capitaines ou le thon rouge. Des peines d'emprisonnement d'un à cinq ans et d'amende de 50 millions (75.000 euros) à 300 millions de francs CFA (460.000 euros) sont prévues en cas de non-respect de la nouvelle réglementation. "La viabilité des ressources halieutiques mondiales continue de diminuer. En Côte d'Ivoire, la production de la pêche marine est passée de 69.769 tonnes en 2003, à 42.738 tonnes en 2020, soit une baisse de 38,75%", a ajouté le ministre. La pêche locale ne suffisant pas, le pays importe près de 650.000 tonnes de poissons par an pour satisfaire ses besoins, a-t-il ajouté. Selon le ministre, le Ghana voisin a déjà mis en place des mesures de "repos biologique" depuis 2016.