La prise en charge des maladies mentales dans le Sud-Kivu

Par Leila Ahmed

HP

Dans la région du Sud-Kivu, en République du Congo, 35 240 cas de malades mentaux ont été enregistrés au premier semestre 2021 selon le ministre provençal de la santé, Mwanza Nangunia. Il a donné ces chiffres récemment lors d'un point presse. La prise en charge de ces malades reste un vrai défi en RDC, et il l'est encore particulièrement dans une région en proie aux conflits. Leïla Ahmed. 

La province du Sud Kivu en proie aux conflits depuis de nombreuses années, compte trois centres de référence en psychiatrie. Il y a le centre Sosame, l'hôpital Panzi du prix Nobel de la paix Dr Denis Mukwegue et l'HPGRB (Hôptial Général de Référence de Bukavu). 

Parmi les patients suivis à l'hôpital Panzi, un jeune étudiant hospitalisé depuis un mois. Son père, qui est à ses côtés, explique comment les conflits qui touchent la province depuis plusieurs années le poussent parfois à se déplacer avec son fils, lorsque l'état de celui-ci le permet.

Extrait : « C'est nous la famille, qui nous nous organisons pour amener nos malades à l'hôpital. Le moment où ils ne sont pas malades, ils sont en bon état. Là où nous partons, c'est là où eux aussi peuvent partir. »

Selon le Dr Philippe Busame Amani, psychiatre en service dans ce même centre, certaines personnes peuvent porter des facteurs de maladies mentales, que l'environnement de conflits où elles se trouvent peut réveiller.

Extrait : «La personne peut porter certains facteurs de la maladie mentale. Mais ces facteurs-là, ne vont pas s'exprimer pour que la personne puisse manifester la pathologie en question. Lorsque la région est transformée en quelque chose qui réveille la souffrance, qui est caché quelque part. Tout ce qu'il y a comme problème dans la région va s'ajouter sur les facteurs déjà préexistants. »

35 240 cas de maladies mentales ont été enregistrés au premier semestre dans le sud Kivu, a souligné récemment le ministre provincial de la santé Mwanza Nangunia.

Pour le Dr Philippe Busame Amani, ce chiffre élevé s'explique par le fait que le soin de santé mentale est désormais intégré dans le soin de santé primaire. Les hôpitaux généraux qui n'ont pas de service psychiatrique, commencent tout de même à identifier et à prendre en charge les troubles psychiatriques légers, ce qui n'était pas le cas avant.

Pour le psychiatre Philippe Busame Amani, la meilleure prévention des maladies mentales dans cette région serait d'abord la stabilité et la fin des conflits. 

 

Reportage