La question migratoire, encore un levier avant les élections locales sud-africaines

22 septembre 2021 à 16h51 par AFP

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Arrêter les immigrés clandestins, faciliter leur expulsion: la promesse a suffi à enflammer mercredi le lancement de campagne pour les élections locales sud-africaines du petit mais extrêmement actif parti d'opposition, ActionSA, dans un pays où les tensions xénophobes sont brûlantes.

"Soyons clairs, je veux bien que les gens du monde entier viennent en Afrique du Sud", déclare Herman Mashaba, le candidat du parti pour prendre la capitale économique Johannesburg. "Mais ils doivent venir légalement et une fois ici, ils doivent obéir à nos lois", poursuit-il devant quelques centaines de personnes qui applaudissent bruyamment en signe d'approbation. "Vrai, c'est vrai!", "Ca suffit!", "Ces gens doivent rentrer chez eux", scande une foule unanime. L'ANC, le parti historique au pouvoir, a perdu Johannesburg en faveur de l'opposition lors des dernières élections locales en 2016. "Mashaba va rétablir l'ordre et le droit dans le pays", assure Thuli Nkomo, 33 ans, avocate. Le 1er novembre, les Sud-Africains choisiront leurs conseillers dans plus de 250 municipalités. Des élections qui seront un test pour l'ANC, au pouvoir depuis 27 ans mais dont la popularité décline dans les urnes depuis plusieurs années. Ancien maire de Johannesburg entre 2016 et 2019 et transfuge du premier parti d'opposition l'Alliance démocratique (DA), M. Mashaba a déjà plusieurs fois été taxé de xénophobie pour ses propos contre la présence de migrants dans le pays. Désormais à la tête du jeune parti créé il y a un an, le candidat balaye dans son discours les plaies du pays, allant de la corruption rampante aux coupures d'eau et d'électricité. Avant de conclure sur une proposition qui réveille son public: créer une unité de police municipale ciblant les criminels sans-papiers pour faciliter leur expulsion. Première puissance industrielle du continent, l'Afrique du Sud abrite plusieurs millions de migrants. Le pays est régulièrement secoué par des mouvements xénophobes. Des émeutes en 2019 avaient fait une douzaine de morts et en 2008, une soixantaine de personnes avaient été tuées dans des violences.